Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Le chat n’a que faire des souris mortes, une pièce de Philippe Dorin

L’enfer du diable à deux faces

Vérifier les jours off sur la période
Le chat n’a que faire des souris mortes, une pièce de Philippe Dorin - Zibeline

Fluide, percutante, colorée, inspirée librement des lectures de Goethe et Boulgakov, la langue de Philippe Dorin joue à saute-moutons entre ritournelles, conjectures et clics assassins, elle entrechoque images et sons à cent à l’heure, s’amuse des sens inversés et des inattendus. Plus complexe qu’elle n’y paraît par ses couches souterraines, elle fait mouche auprès de toutes les générations attentives à sa parabole métaphorique « sur la figure diabolique ». L’histoire de deux adolescents assis au bord d’un lac -fictif ou réel ?- pris au piège d’une relation manichéenne où le « bien » et le « mal » pourraient être les deux faces d’un même être.  Où les figures féminines séduisent avec malice dans l’espoir de l’amour absolu. Par leur interprétation, Déborah Marique, Noé Mercier, Juliette Prier et Johann Weber font courir la petite musique de Le chat n’a que faire des souris mortes comme un ricochet sur un lac -réel ou fictif ?- ! Elle se répand avec allégresse d’un comédien à l’autre dans un chassé-croisé d’apparition et de disparition, de lévitation même, au gré d’un dispositif scénique léger et efficace (cimaises coulissantes), d’un jeu de projections vidéo et de lumières (la troisième dimension des paysages imaginaires). La scénographie et la mise en scène de Sylviane Fortuny agissent en caisse de résonance aux situations quotidiennes, aux tensions, aux questionnements existentiels des adolescents en puisant dans l’art de la magie et de l’ellipse visuelle. Un flux de paroles, d’images, de sons circule et glisse entre les êtres et les scènes baignés d’étrangeté, mais ancrés dans une réalité factuelle universelle : le péché, la faute, le pardon, l’envie, la jalousie, la solitude, la perversion… Les comédiens nous entrainent derrière le miroir, dans un monde d’échappées belles et de sensations enivrantes. Là où le théâtre opère avec ses manipulations à vue, et joue de la confusion des plans et l’illusion des apparences.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Octobre 2018

Le chat n’a que faire des souris mortes a été donné le 18 octobre au Liberté scène nationale de Toulon en coréalisation avec le PôleJeunePublic, Le Revest

Photo : Le chat n’a que faire des souris mortes © Anne Sendik


Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr