Concert autour de Ray Lema et Laurent de Wilde, un jazz en liberté

Lema-de Wilde, le jazz désacralisé

Concert autour de Ray Lema et Laurent de Wilde, un jazz en liberté - Zibeline

Sur scène, les deux immenses Stenway se font face. Sans couvercle. « Ça ne sert à rien », révèlera Laurent de Wilde. Dans une Criée quasi-remplie, il partage l’affiche avec Ray Lema pour un concert unique, proposé par le festival Jazz des cinq continents (FJ5C) de Marseille et retransmis en direct sur FIP. Riddles (Enigmes), c’est le titre de l’album qui les a réunis et qu’ils présentent au public marseillais en première partie de soirée avant de poursuivre avec une brochette d’invités aussi divers que les parcours de Lema et Wilde sont différents.

De ses origines congolaises qui l’ont conduit aux musiques du monde, Ray Lema offre un jazz nomade, influencé par les musiques du monde. Chez Laurent de Wilde, la même liberté exploratrice de champs aussi variés que l’électro, le slam ou le reggae donne au duo une synergie qui relève de ces énigmes d’une rencontre, dévoilées dans leur projet commun.

C’est d’ailleurs la synthèse -plutôt inattendue- de leurs univers qui frappe dès les premières notes. Un dialogue volontairement dépouillé, allégé en académisme autant qu’en superflu, pour lequel chaque pianiste a fait un pas vers l’autre. Hommage à Bach ou rythmes africains, leur jazz rend libre. Une liberté que le duo avait envie de partager, bien au-delà des terres du jazz. Leur premier invité, le violoncelliste Vincent Segal, partage d’ailleurs cette capacité à franchir les frontières musicales et puiser l’inspiration dans la rencontre. Parenthèse blues avec la chanteuse et guitariste Natalia M. King, grande et belle voix des musiques noires américaines.

Lui succède au micro Fabrice Di Falco. Si sa tessiture de sopraniste/contre-ténor rappelle celles des castrats de l’époque baroque, le chanteur lyrique italo-martiniquais refuse de se cantonner au seul répertoire des castrats et pratique lui aussi le métissage musical. Les trois autres musiciens de la partie, Médéric Collignon (trompette), Guillaume Perret (saxophone) et Jocelyn Mienniel (flûte), feront aussi la démonstration de leur talent de touche-à-tout. Le leitmotiv de cette soirée qui aura de bout en bout l’ambition de désacraliser des genres souvent jugés à tort élitistes. À l’image du FJ5C.

THOMAS DALICANTE
Janvier 201

Le concert autour de Ray Lema et Laurent de Wilde a eu lieu le 22 décembre à La Criée, à Marseille

Photographie : Laurent de Wilde et Ray Lema © Olivier Hoffschir

La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
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