Retour sur l'ouvrage Les chiens de fusil de la lauréate du Prix Maison Blanche 2014 Léa Habourdin, aux éditions Le Bec en l’air

Léa, l’image et la collectionLu par Zibeline

Retour sur l'ouvrage Les chiens de fusil de la lauréate du Prix Maison Blanche 2014 Léa Habourdin, aux éditions Le Bec en l’air - Zibeline

Premier d’une collection consacrée à la photographie contemporaine, Les chiens de fusil de Léa Habourdin paraît aux éditions marseillaises Le Bec en l’air. Si on sait très peu de choses de Léa Habourdin car ne figurent nulle part des indices biographiques, la mise en page hétéroclite de cette (jeune) œuvre hétérogène, doublée du texte Concilier d’Étienne Hatt, nous en disent long sur son goût pour les sciences et l’animalité. Dans ce qui a des allures de carnet d’images, de dessins, de notes, de mémos et de photos, on devine une appétence plus vaste que pour le seul médium cultivé à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles. Notamment pour l’écriture avec des bribes de mini-textes («N’oublie pas tes cornes chéri» griffonné sous un dessin au crayon), des jeux de mots («EFFA ROUCHER») et des définitions («éditorial / L’esprit vital, animus en latin, telle est l’origine du mot animal»). Le tout glissé avec malice entre des photos qui dévorent les pages et des vignettes éparpillées comme un puzzle (série animalière «En travaux»). Les chiens de fusil, c’est une brèche ouverte sur son processus créatif : on y entrevoit la marque du ruban adhésif qui colle ses post-it comme l’empreinte d’un texte au dos d’une feuille à dessin. C’est le prélude à un ensemble dont on devine l’ampleur à venir, bouillonnant, curieux, attentif au monde, que seul un objet éditorial comme celui-ci pouvait rendre compte.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Janvier 2015

Les chiens de fusil
Photographies Léa Habourdin
Texte Concilier Étienne Hatt,
traduction anglaise Peter Mc Cavana
Le Bec en l’air éditions, 19 euros