La Rencontre des Ateliers de Mises en Scène, de quoi recharger les batteries !

Le théâtre de la vieVu par Zibeline

• 7 juin 2016⇒12 juin 2016 •
La Rencontre des Ateliers de Mises en Scène, de quoi recharger les batteries ! - Zibeline

Chaque année, depuis 30 ans, la compagnie Mises en Scène organise à Avignon sa Rencontre des Ateliers. Le résultat d’une année de pratiques artistiques, éminemment théâtrales, mais aussi musicales, dansées, steppées… pour une grande rencontre humaine inégalée !

Il n’y a qu’à Mises en Scène qu’on vit chaque fin de printemps ce grand foisonnement de rencontres humaines totalement inimitable ! Il faut aller à ces Rencontres des Ateliers, dans les quartiers, à l’Entrepôt, prendre le temps, ne rien juger, baisser la garde pour ressentir ce tourbillon humain saisissant et contaminant. Ces Rencontres, orchestrées par Michèle Addala et son équipe de touche-à-tout fidèles et toujours motivés, sont uniques, drôles, émouvantes, ultra sensibles et délicieusement imparfaites, ce qui participe de leur indéniable charme ! Un rendez-vous intergénérationnel et métissé où se mêle « la population dans sa diversité », soit une belle humanité souvent à la marge mais pas uniquement, que la compagnie s’emploie, en petite souris travailleuse -pour pas grand-chose parfois-, à rassembler toute l’année, à écouter, et mettre en liens.
Début juin, durant 6 jours, 5 lieux avignonnais (intra-muros à la Maison Jean Vilar et en périphérie, à Monclar et la Croix des Oiseaux), ont donc accueilli ces 300 participants, enfants, adolescents et adultes, pour des spectacles aux titres explicites : « Élixirs de jouvence », « Existe », « Eux, c’est nous »…
« À deux, on est plus puissants »
Il y a eu par exemple, ce groupe de 18 jeunes adultes menés par Mourad Bouhlali et Jean Pierre Burlet qui, dans Pour être honnête, le doute m’habite, se sont dressés un par un pour raconter leurs doutes intérieurs, dévoiler leur intimité, casser leur solitude et clamer leur amour des autres et de la vie. Certains avec la tremblote, d’autres le fou rire, chaque individualité mise en avant avec ses faiblesses pour (re)prendre des forces et composer une vraie famille ! Puis, un magnifique voyage polyphonique offert par le groupe Arteteca : 14 femmes mises en scène et en voix par la magnétique chanteuse Lilia Ruocco qui sait libérer les frontières et les corps, en revisitant comptines de son Italie natale, chants arabes, finlandais ou d’Israël.
Et pour finir, dans Fenêtres sur cour, Michèle Addala et Ana Abril ont rassemblé dans l’espace extérieur de l’Entrepôt -et la veille, sous les fenêtres du bureau de la compagnie dans le quartier Monclar- une attachante tribu de comédiens, amateurs et pros, jeunes et plus âgés, silencieux ou bavards, transformés en chevalières ou bonimenteurs pour manifester la liberté d’être différents, et laisser s’exprimer les rires des enfants et les paroles blessées. L’expression d’une humanité digne de Game of Thrones, avec la tendresse et l’humour en prime !
Parce que ça ressemble au théâtre de la vie, on ressort de ces rendez-vous où se côtoient un doux et dingue mélange de gens et de genres, les batteries rechargées à bloc et le regard plus grand ouvert.

DELPHINE MICHELANGELI
Juin 2016

La Rencontre des Ateliers de la Cie Mises en Scène a eu lieu à L’Entrepôt d’Avignon du 7 au 12 juin

Photo : Fenêtres sur cour © DE.M.