Sport fiction à la gare Saint-Charles

Le sport est une danse comme les autresVu par Zibeline

Sport fiction à la gare Saint-Charles - Zibeline

Quand Frédéric Flamand conçoit une création pour l’espace public, il ne le fait pas à moitié. Au contraire, il offre plus ! Tous les danseurs du BNM plus ceux de la classe d’insertion, un dispositif scénographique impressionnant, pléthore de costumes… et un allant réjouissant ! De quoi est-il question dans Sport fiction ? de célébrer le mouvement et son pouvoir d’évocation. À la manière d’une revue, par une succession de numéro, les danseurs donnent à voir chaque sport, avec jubilation ! Du foot à la boxe, du vélo au tennis, de la natation au saut à la perche… avec de légers décalages pour surprendre le regard : les footballeurs s’attachent à des barres horizontales de babyfoot, des femmes boxent, les escrimeurs rencontrent des ballerines… Les katas de judo, un ballet d’hommes d’affaires, des patineurs et des gymnastes évoquent une esthétique du sport proche des recherches chorégraphiques : on voit la danse de chaque discipline, avec un côté suranné années 30, des tenniswomen qui ressemblent à Olive de Popeye, des projections d’archives sportives de tous les temps surtout anciens, et d’ingénieuses allusions, sans ralentis ni saccades, aux décompositions du mouvement de Muybridge. La musique, répétitive américaine (John Adams), mais aussi extraite de cartoons ou des films de Tati, sonne à la fois symphonique et simple, alerte, burlesque comme cette célébration de l’épopée sportive, qui évite soigneusement ses tragédies et ambiguïtés, pour rechercher leurs esthétiques. Leurs danses ?

AGNÈS FRESCHEL
Mai 2013

photo : c-Agnes-Mellon

Sport fiction a été créé à la gare Saint Charles, Marseille, les 10 et 11 mai dans le cadre de la Folle histoire des arts de la rue