Oh les beaux jours ! : foisonnant festival de « frictions littéraires »

Le retour des beaux joursLu par Zibeline

Oh les beaux jours ! : foisonnant festival de « frictions littéraires » - Zibeline

Ses directrices, Nadia Champesme et Fabienne Pavia, ainsi que toute l’équipe, avaient décidé que la 5e édition d’Oh les beaux jours ! se tiendrait cette année en juillet. Histoire d’accueillir, le plus souvent en plein air, un public plus nombreux, avide de rencontres et de spectacles en live. Retour sur la soirée d’ouverture de ce festival de « frictions littéraires ».

Lundi 12 juillet, passerelle Saint-Laurent, aux alentours de 20 heures.

Bien avant l’heure, la file d’attente s’étire. Contraintes sanitaires et sécuritaires obligent, le passage vers l’esplanade Saint-Jean du Mucem (un des lieux qui accueillent le festival cette année) est lent. Mais la foule est patiente, tellement heureuse de se retrouver pour de vrai et d’applaudir ce soir celle qu’elle est venue voir et écouter, Angélique Kidjo. Rencontrer cette icône de la world music, cette défenseure des droits des femmes et des enfants, ça se mérite. Et en vérité, on ne sera pas déçu. L’artiste d’origine béninoise est une vraie bête de scène.

Interrogée par Élodie Karaki à propos du livre d’entretiens que les éditions du Seuil ont récemment publié (à lire sur journalzibeline.fr), elle rebondit sur chaque question, émaille ses réponses d’une foule d’anecdotes personnelles racontées à toute vitesse avec un sens de l’autodérision et un humour pétillants. « Non mais ça va pas, non? », la phrase vient souvent ponctuer ses indignations, qui restent vives. Face au racisme, aux non-dits de l’histoire, à l’attentisme des politiciens, au sexisme, aux attitudes rétrogrades, Angélique Kidjo ne ménage pas ses critiques. La dame a son franc-parler, et la passion, et l’énergie… et une foi en l’humain à déplacer les montagnes. Le public, conquis, applaudit ses propos engagés, s’amuse de ses histoires qu’on écouterait bien jusqu’au bout de la nuit…

Mais place à la musique. L’entretien est suivi d’un concert. Une sorte de récital. La chanteuse, accompagnée au piano par Thierry Vaton, explique chacun des choix musicaux du soir. Alors, entre ses chansons à elle, s’invitent certains des artistes qui l’ont marquée : Jimi Hendrix, Miriam Makeba, Serge Gainsbourg, Celia Cruz, Bob Marley. Lorsqu’elle pleure en reprenant Malaika, la chanson préférée de sa mère tout juste décédée, lorsqu’elle entonne Redemption Song, le public pleure avec elle, chante avec elle. Émotion. Sa voix puissante, son sens aigu du rythme emportent. Quand elle annonce sa dernière chanson, « pour célébrer notre humanité » dit-elle, tout le monde reprend le refrain. Mama Africa et c’en est fini du concert assis. Tout le monde s’est levé, tout le monde chante… et c’est très bien.

Une belle soirée, auprès d’ une grande professionnelle de la scène, doublée d’une femme émouvante, fière de sa famille et de ses origines, forte de ses nombreux engagements et de ses convictions.

Oh les beaux jours ! ce sont aussi de belles nuits !

FRED ROBERT
Juillet 2021

Le festival littéraire Oh les beaux jours ! a eu lieu du 12 au 18 juillet dans divers lieux de Marseille.

Nos retours seront à retrouver sur journalzibeline.fr.

 

Des chroniques à retrouver, des livres à savourer

Nos chroniques d’auteurs invités à Oh les beaux jours ! sont déjà sur le site journalzibeline.fr : celle de Billy Wilder et moi de Jonathan Coe (Gallimard), intitulée Eté 77 ; celle d’Arbre de l’oubli de Nancy Huston (Actes Sud), parue sous le titre Chaîne des cœurs ; celle de Canoës de Maylis de Kerangal (Verticales), à retrouver sous le titre Des voix humaines ; et celle de Les orages de Sylvain Prudhomme (L’Arbalète, Gallimard), intitulée Ce qui nous rend vivants. On a également lu et chroniqué le livre d’entretiens mené par Sophie Lhuillier, Je chemine avec Angélique Kidjo (Seuil).
À venir très prochainement, également sur le site de Zibeline, celles de Komodo de David Vann (Gallmeister) et de L’Ami de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser).
Belles lectures ! F.R.

Photographie : Angélique Kidjo © Nicolas Serve – Oh les beaux jours !