L’October Lab de l’ensemble Télémaque a présenté sa collaboration avec des musiciens contemporains gallois

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L’October Lab de l’ensemble Télémaque revient deux ans après sa précédente édition, cette fois en collaboration avec des musiciens contemporains gallois

À l’initiative de l’ensemble Télémaque, October Lab permet à des compositeurs étrangers de se venir se confronter à la scène française, au travers de concerts bien sûr mais également de masterclasses, d’une résidence au PIC… Après avoir invité des musiciens chinois et canadiens lors de ses précédentes éditions, ce sont cette fois des musiciens gallois qui ont apporté leur souffle « so british » à l’événement.

Le premier des deux concerts prévus, donné le 16 octobre à la Cité de la Musique à Marseille, commence par s’aventurer du côté des voisins anglais avec la chaconne de la Suite pour Violoncelle n°2 de Benjamin Britten, écrite pour Rostropovitch. Celle-ci trouve en Jean-Florent Gabriel un interprète aussi généreux que virtuose, dont le timbre chaud répond avec à-propos aux accents éthérés des harmoniques. Le violoncelliste est rejoint par le reste de l’ensemble Télémaque pour l’onirique octet de George Benjamin : créée en 1978, l’œuvre met en valeur la complémentarité réjouissante des timbres des instrumentistes, avec une note particulière pour la flûte solo de Charlotte Campana. La direction rigoureuse de Raoul Lay se joue des nombreux écueils de cette pièce fourmillante. Le thème voyage d’un pupitre à l’autre, des cordes aux bois en passant par le célesta, avant l’implosion finale.

Place ensuite à la musique contemporaine galloise et aux trois œuvres en création mondiale avec le Motet II de Richard Baker. Les six mouvements jouent avec les possibilités des timbres de chaque instrument, avec un travail particulier sur les sourdines ; les clarinettes de Linda Amrani développent d’intéressantes synergies avec le violon et l’accordéon. L’œuvre suivante de Lynne Plowman, Clarion Call, s’avère plus mélodique et plus évocatrice du pays d’origine de sa compositrice : difficile de rester insensible à la finesse de l’écriture, et de ne pas deviner tantôt les étendues vertes des campagnes galloises, tantôt la tempête grondant au large de Cardiff. Les vents en particulier développent une ambiance sonore cristalline, presque méditative. 

Enfin, le concert s’achève sur l’œuvre de la jeune compositrice Sarah Lianne Lewis, A soul is more than a body is more than a number is more than, qui revêt parfois des accents martiaux, à l’image de son démarrage éclatant et de son menaçant ostinato percussions-contrebasse. La direction, sérieuse et à l’écoute, exploite à merveille le potentiel de l’ensemble. Les dernières notes exploitent des timbres insoupçonnés pour évoquer avec un réalisme saisissant le roulis des bateaux. Le navire gallois a bien trouvé sa place au cœur de la cité phocéenne !

PAUL CANESSA
Octobre 2021

October Lab s’est tenu du 14 au 17 octobre à l’Alcazar, au CNRR, à la Cité de la musique et au PIC, Marseille

Photo : © Pierre Gondard