19e édition du Best of International Short Films Festival à La Ciotat

Le meilleur du Best ofVu par Zibeline

• 8 octobre 2020⇒11 octobre 2020 •
19e édition du Best of International Short Films Festival à La Ciotat - Zibeline

Dans la plus vieille salle de cinéma au monde, l’Eden de La Ciotat, la tâche n’était pas facile pour le jury de la 19e édition du Best of International Short Films Festival, tant les films étaient tous pertinents. Sous leur masque, Loutcha Dassa, Pascal Cesaro, Jérôme Nunes, Shu Aiello et notre collaboratrice Elise Padovani devaient départager les films sélectionnés, non sans mal tant les courts présentés, en particulier dans la séance 4, étaient de qualité. Normal, me direz-vous puisqu’il s’agit d’un festival de films déjà primés !

Le 10 octobre, c’est par un court venu du Ghana qu’a démarré la journée, Da Yie d’Anthony Nti, un film très rythmé par les images et le montage, tourné avec une caméra souvent mobile qui suit deux enfants, Matilda et Prince, pleins de vie, recrutés par un étranger pour faire une mission, sans doute dangereuse, dont on ne sait pas grand-chose. Mais il commence à avoir des scrupules et va devoir affronter son gang. Un film qui nous tient en haleine jusqu’au bout et auquel le jury a attribué le Soleil d’or ex-æquo avec le superbe film d’animation en aquarelle sur papier noir d’Agnès Patron, L’Heure de l’ours, dont la matière vibrante et la musique épique évoquent la révolte des enfants et la colère qu’on peut trouver en chacun de nous. Le deuxième court venait d’Albanie, The News de Lorin Terezi, une comédie noire qui commence comme un thriller. Une jeune villageoise allant chercher de l’eau découvre le corps d’une femme morte. Un événement dans ce village ! Et à l’arrivée d’une meute de journalistes, chacun va tirer la couverture à soi, en particulier les beaux-parents de la jeune femme dont le mari est parti travailler en Grèce. Des images réalistes, tournées avec des habitants du village pour dénoncer les dérives de la télévision en Albanie… mais pas que ! Un film efficace qui a obtenu la Mer de bronze.

Lui a succédé Moving de la cinéaste américaine Adinah Dancyger. Une jeune femme (excellente Hannah Gross), telle Sisyphe, essaie de transporter son matelas dans son nouvel appartement mais la cage d’escalier est étroite… La réalisatrice en a fait une chorégraphie, pathétique et drôle à la fois avec des cadrages au cordeau. Un court très réussi tout comme Postcards from the end of the world de Konstantinos Antonopoulos où Dimitra et Dimitris accompagnés de leurs deux filles, en vacances sur une île isolée en Méditerranée s’ennuient. Mais confrontés à une fin du monde, coupés de tout moyen de communication, ils n’auront plus le temps de s’ennuyer. Une comédie acide qui fait réfléchir sur notre monde. Mais on ne peut récompenser tous ces films déjà primés et le jury a attribué la Plage d’argent, à juste titre, au glaçant Homesick de Koya Kamura et Romain Trouillet qui nous emmène dans la no-go zone de Fukushima, où Murai va récupérer les objets personnels des habitants évacués, et passe du temps avec son fils de 8 ans. Un film grave, sobre, qui laisse coexister avec grand naturel le réel et le fantastique, le présent et le passé.

Ce Festival de grands courts, à l’ambiance conviviale, a attiré de nombreux  spectateurs, masqués mais ravis. Espérons que pour la 20e, on sera tous à visage découvert !

ANNIE GAVA
Novembre 2020

La 19e édition du Best of International Short Films Festival s’est tenu à l’Eden Théâtre de La Ciotat du 8 au 11 octobre

Photo :  Homesick de Koya Kamura © Offshore

Eden Théâtre
Boulevard Georges Clemenceau
13600 La Ciotat
04 88 42 17 60
http://edencinemalaciotat.com/