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Dernière rencontre du cycle consacré à Joël Baqué, organisé par les Nouvelles Hybrides

Le manchot empereur et la littérature

• 26 avril 2019 •
Dernière rencontre du cycle consacré à Joël Baqué, organisé par les Nouvelles Hybrides - Zibeline

La dernière rencontre du cycle organisé par les Nouvelles Hybrides, consacré à Joël Baqué, invitait à la lecture de La fonte des glaces par le comédien et metteur en scène Jean-Marc Bourg, qui livrait en ouverture de la dernière partie des aventures de son « héros » Louis, un brillant résumé des précédentes rencontres. Il s’est ensuite emparé avec une fine intelligence du texte, en un art consommé de la distanciation. Drôlerie des tribulations de ce personnage devenu malgré lui une icône mondiale de la cause écologique, et qui entretient une « banquise » (véritable espace métaphysique) dans son grenier ainsi qu’une « Dream team » composée de douze manchots empereurs empaillés ! Lors de l’entretien finement animé par Christiane Dumoulin, l’auteur revient sur ses écrits. « Je n’ai pas de volonté de récit à la base. Le plaisir de l’écriture est mon seul moteur. Je viens de la poésie, c’est un genre dans lequel on peut évacuer tout récit. D’ailleurs, les digressions abondent dans mes romans, je ne cherche pas d’efficacité narrative, c’est le rapport poétique à la langue qui me fait écrire. J’aime les choses décalées, singulières, où loufoque et existentiel se croisent. Tout est prétexte à écrire, souvent une phrase est le déclencheur. J’ai aussi une passion pour les dictons et proverbes, ces formules sédimentées par le temps, proches par leur forme lapidaire de la poésie… Autodidacte caricatural, j’ai un jour acheté une encyclopédie et l’ai lue entièrement, sans déterminer un ordre précis, mais en fait, je déteste me documenter pour écrire, je préfère me laisser aller à l’imaginaire. » Épinglant sans se prendre au sérieux les travers de nos sociétés, Joël Baqué porte un regard tendre sur le monde avec une écriture alerte et sensible dans laquelle « tout n’est pas vrai, mais rien n’est faux. Il suffit que ce soit juste littérairement pour que cela soit vrai pour moi »… Un humour bigrement efficace !

MARYVONNE COLOMBANI
Mai 2019

La rencontre a eu lieu le 26 avril à la Médiathèque de Pertuis

Photo: Joël Baqué, Christiane Dumoulin © MC


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