Magie du Jazz au château d'Arnajon, avec le Festival Durance Luberon

Le Luberon jazzeVu par Zibeline

Magie du Jazz au château d'Arnajon, avec le Festival Durance Luberon - Zibeline

Le talent des soirées du festival d’été qu’organise la dynamique association Festival Durance Luberon, est dû, certes, à l’accompagnement attentif des bénévoles, aux lieux, dont la magie opère, mais aussi réside dans choix sûr des groupes invités, secret sans nul doute de sa longévité !(Le Festival fêtera l’an prochain ses vingt ans).

Prenez un soir d’été, alors que la chaleur n’essouffle plus, un parc, ombragé de grands arbres, tilleuls et chênes de préférence, quelques tables, un petit plateau apéritif, du bon vin (un verre de Paradis), une scène de jazz, parmi les meilleures au niveau international, Raphaël Imbert et son Quartet (Dancing jazz band), et vous obtenez une infaillible recette de bonheur. On est au château d’Arnajon, dont les propriétaires, (famille Pascal), année après année, participent à cette belle fête. La verve des musiciens n’est pas sans rappeler à Monsieur Pascal celle des petites salles de Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre !

Au programme, des classiques, Caravan de Duke Ellington en ouverture, puis, détour par la Nouvelle Orléans, avec Basin Street Blues, écrit par Spencer Williams… rappel du voyage musical entrepris par Raphaël Imbert dans ces lieux mythiques du jazz (et qui a permis la composition de ses derniers concerts et enregistrements). Le musicien présente avec humour et sobriété chaque morceau, plongée dans l’humus des traditions, des histoires, mêlée à la vivacité éblouissante des improvisations, trombone et soubassophone (Romain Morello) incroyablement aériens, guitare (Thomas Weirich) au swing enlevé, batterie inventive et imperturbable (Jean-Luc Di Fraya), saxophone (Raphaël Imbert) enfin, lumineux, acrobatique avec un naturel confondant… Les pianissimi d’une infinie douceur répondent aux envolées les plus folles… On s’étonne à l’annonce d’une bourrée… que vient faire le folklore local dans l’univers du jazz ? Mais n’est-ce pas l’essence même du jazz de savoir s’approprier les racines les plus anciennes et de les fondre dans esprit jazzique ? « La bourrée, c’est le swing de notre pays » sourit Raphaël Imbert, et cette « Bourrée du Diable » a des accents assurément « coltrainiens » ! Le reggae se glisse dans les rythmes jazz, avec Don’t worry, be happy (Bobby McFerrin)… parenthèse délicieuse alors que l’actualité est bien sombre… La plus belle des Marseillaises en solo saxophone, écrite par Albert Ayler qui, lors d’un 14 juillet, entendit pour la première fois cette musique et la trouva extraordinaire, s’élève avec pureté dans la douceur du soir. On se quitte à regret sur Mood indigo d’Ellington. Les voix des instruments se superposent s’étirent, se détachent, s’emportent, habitent l’été de saveurs souples. Aux portes du rêve. R. Imbert s’attarde d’ailleurs sur la dimension spirituelle du jazz, rend hommage à Jean-François Héron (conseiller artistique du festival) qui l’a toujours soutenu et encouragé depuis ses débuts. L’art s’inscrit dans la transmission, et la scène est offerte au tout jeune et prometteur Timon à la batterie… leçon donnée par les musiciens de la New-Orléans qui intègrent dans leurs formations toutes les générations. Les bonheurs musicaux se doublent de qualités humaines fortes. C’est aussi l’esprit du Festival Durance Luberon.

MARYVONNE COLOMBANI
Août 2016

Le concert ApéroJazz (Raphaël Imbert et le Dancing jazz band Quartet) a été donné le 12 août au Château d’Arnajon.

06 42 46 02 50
www.festival-durance-luberon.com

À venir :
C’est dans une formation un peu différente, mais toujours dans le cadre du Festival Durance Luberon, que Raphaël Imbert et le Dancing jazz band Trio se produiront le 18 août au Château Paradis (Le Puy Sainte Réparade)

Photographie © Maryvonne Colombani