Premières années en provence du photographe Denis Brihat paru aux édition Le bec en l’air

Le jardin des simplesLu par Zibeline

Premières années en provence du photographe Denis Brihat paru aux édition Le bec en l’air - Zibeline

De Denis Brihat, on connaît les photographies de fleurs et de fruits, d’herbes et de légumes qui marquèrent sa «deuxième» naissance, lorsqu’il quitta Paris en 1958 avec le soutien de son ami Robert Doisneau et s’installa dans le Lubéron. Ces «bordilles» comme on dit là-bas, ces trucs sans intérêt auxquels il donne une réalité nouvelle : la rosée sur une toile d’araignée, un brin de chiendent… Mais on connaît peu les portraits des villageois du plateau des Claparèdes. Premières années en provence nous projette dans ce temps d’hier avec légèreté grâce à une composition stylisée et un rythme binaire. Deux temps photographiques (les portraits en noir et blanc et les premiers «tableaux photographiques») sont introduits par deux temps littéraires : Bonnieux et les pierres de souvenance écrit par Marc Dumas, l’ami et le poète, qui évoque le désir du photographe de «donner vie aux choses cachées» et qualifie son regard «d’autodidacte». Ce qui lui a quand même valu le Prix Niepce en 1957 ! Le second est un entretien avec Fabienne Pavia, pétillant de fraicheur et de vie, où l’on apprend qu’il faisait le portrait de ses copains «comme un amateur», à l’instinct, tout en menant ses recherches sur la nature. Cette même humilité affleure entre les lignes quand il dit se sentir plus artisan qu’artiste et redécouvre avec sincérité ses premiers travaux d’homme du Lubéron. Paysan dans l’âme, cet ex-parisien du 16e a choisi une voie singulière dans laquelle il se sent en harmonie, reconnaissant qu’il peut paraître curieux «d’arriver à vivre de photographies de pissenlits et de coquelicots destinées à orner les murs».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Octobre 2013

Premières années en provence
Photographies de Denis Brihat
Textes de Marc Dumas et Fabienne Pavia
Le bec en l’air, 32 €