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Balade sur les hauteurs de Montpellier autour de l'exposition "Aux bords des paysages"

Le Grand Pic Saint-Loup transfiguré

Balade sur les hauteurs de Montpellier autour de l'exposition

Derniers jours pour découvrir les œuvres jalonnant les versants du Pic Saint-Loup : jusqu’au 30 novembre, la manifestation Aux bords des paysages pose des œuvres monumentales au cœur de la nature.
Pour la troisième année, l’exposition Aux bords des paysages accueille des œuvres en pleine nature, celle qui surplombe Montpellier, sur quelques sites remarquables du Grand Pic Saint-Loup.

Lancée à l’origine par la Communauté de communes, la manifestation est à ce jour portée par le Passe Muraille, une association œuvrant à la valorisation des patrimoines, au sens large : patrimoines culturel et naturel, chantier d’insertion sociale de restauration de bâtiments, travaux d’édition et de médiation… Son dada : l’art contemporain investissant des sites patrimoniaux. On lui doit par exemple l’anamorphose de Felice Varini, qui a transfiguré cet été la citadelle de Carcassonne !

À échelle du Grand Pic Saint-Loup, il s’agit d’aller se nicher dans des endroits inattendus et plus intimes. Sur les sept œuvres présentées depuis début juillet, deux ont dû être récemment démontées suite aux intempéries, mais cinq sont encore visibles jusqu’à la fin du mois. Ayant œuvré in situ, les artistes invités se sont inspirés des singularités du secteur. Certains ont décidé de jouer avec la lumière des Cévennes, tel Pascal Navarro, qui a imaginé pour Saint-Mathieu-de-Tréviers une œuvre se révélant sur la durée : réalisés avec des encres pigmentaires, ses dessins se dévoilent au fil du jour et des saisons, laissant apparaître des motifs gallo-romains évolutifs.

Autour de la fontaine du petit bourg de Saint-Martin-de-Londres, Pier Fabre utilise quant à lui le mouvement cinétique : Soleil orange, son installation monumentale de rubans bougeant au gré du vent, vient troubler l’architecture médiévale du village, jouant à cache-cache avec les arbres et la tour de l’Horloge.

À l’entrée du sentier du Pic Saint-Loup de Cazevieille, c’est une colossale main de 7 mètres, fabriquée à partir de troncs d’arbres par Pedro Marzorati, qui vient cueillir le promeneur. À Saint-Jean-de-Cuculles, le binôme Scenocosme a posé son installation sonore au cœur du cloître, qui nous permet d’écouter les pulsations des arbres. Le long de la route D17, les motifs géométriques et colorés d’Élodie Boutry ponctuent le parcours, à hauteur de la commune du Triadou.

Accessibles gratuitement, ces œuvres ne requièrent aucune marche d’approche. Elles constituent un cheminement entre les divers paysages du territoire, à travers chênes, arbousiers, garrigue et roches calcaires. Mais elles peuvent aussi être une invitation à découvrir plus avant la région : par exemple tenter l’incontournable ascension du Pic Saint-Loup, surnommé « la Sainte-Victoire du Languedoc », pour s’offrir une vue panoramique sur les Cévennes, la Méditerranée, le Mont Ventoux et le massif du Caroux.

JULIE BORDENAVE
Novembre 2018

Infos pratiques
Toutes les œuvres sont en accès libre sans restrictions d’horaires, sauf :
Il ne peut plus rien nous arriver, de Pascal Navarro, à l’Hôtel de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup : du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h.
Pulsations, de Scenocosme, au cloître de Saint-Jean-de-Cuculles : mardi et mercredi de 9h à 17h, et du jeudi au dimanche à partir de 11h.

Aux bords des payasages
jusqu’au 30 novembre
Saint-Mathieu-de-Tréviers, Saint-Martin-de-Londres, Cazevieille, Saint-Jean-de-Cuculles, Le Triadou
auxbordsdespaysages.com

Photo 1 : Pedro Marzorati, Mano a mano
Production aux bords des paysages 2018, Bois, 700 x 160 cm. Photo © Olivier Octobre

Photo 2 : Pascal Navarro, Il ne peut plus rien nous arriver
Production aux bords des paysages 2018, Trois dessins sur dos-bleu contrecollés sur structures en contreplaqué, feutres et encres pigmentaires, 220 x 280 x 30 cm, 220 x 280 x 30 cm, 220 x 264 x 30 cm. Photo © Olivier Octobre

Photo 3 : Élodie Boutry, Timber!
Production aux bords des paysages 2018, Peinture sur acier, 480 x 60 x 60 cm environ. Photo © Olivier Octobre