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Vu par Zibeline

L'amour de la danse filmé par Laetitia Carton

Le Grand bal

L'amour de la danse filmé par Laetitia Carton - Zibeline

Un long travelling sur une route de campagne semble nous emmener au bout du monde tandis qu’une voix nous chuchote à l’oreille des souvenirs de danses, venus de l’enfance ; un amour des bals transmis par une grand-mère que la danse transportait. Les bals jalonnent la vie de Laetitia Carton, la réalisatrice de ce documentaire qui a fait danser Cannes et Lussas cet été, Le Grand bal. Et c’est aux Grands Bals de l’Europe que la réalisatrice d’Edmond, un portrait de Baudoin et J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd nous emmène, une immersion d’une heure trente parmi les 2000 personnes qui, pendant 7 jours non stop, perdent la notion du temps, à Gennetines dans l’Allier. Qui carburent à autre chose sur 8 ou 9 parquets sous chapiteau, en plein air. Qui partagent leur temps entre tours de piste et ateliers pour apprendre cercle circassien, mazurka, bourrée, pizzica, gavotte de l’Aven, ou polka.

« J’adore faire danser les gens qui débutent. J’adore les rendre accros » nous murmure la voix qui nous guide à travers ce tourbillon, nous faisant sentir « le besoin impérieux des êtres humains d’être touchés ». Car c’est bien une histoire de corps. Des corps qu’elle filme en couple, en groupes ; des mains qui caressent, la peau qui vibre, des hommes, des femmes qu’habitent le désir, l’énergie de la vie. Des gens qui, prenant parfois le temps de souffler, se reposent dans des hamacs multicolores, se confient sur un canapé jaune, installés en plein air. Car au Grand Bal, on danse mais on cause aussi, du rapport hommes/femmes, de la peur de ne pas trouver sa place, de ne pas être invité ou rejeté parce qu’on ne pratique pas assez bien. Il faut en effet quatre ou cinq ans d’apprentissage pour maîtriser les danses traditionnelles. Laetitia Carton avoue une préférence pour les danses collectives et on le voit bien. Les séquences qu’elle y consacre sont magiques, embarquant le spectateur dans la ronde. Elle confie son bonheur d’être debout dans le monde, nous invitant à nous lever nous aussi, même si, assis dans son fauteuil, le temps parait parfois un peu long. Mais à travers ce film, on aura découvert un autre monde et le voyage se termine avec Camille qui nous fait chanter et c’est très beau.

Annie Gava
Octobre 2018

Photo: Le Grand bal © Pyramide distribution

Le grand bal de Laetitia Carton sort le 31 octobre (1 h 39)