Baden Baden : le premier long métrage de Rachel Richard à La Ciotat

Le grand bainVu par Zibeline

• 27 mai 2016 •
Baden Baden : le premier long métrage de Rachel Richard à La Ciotat - Zibeline

Vendredi 27 mai. Malgré la pénurie de carburant, l’Eden-Théâtre fait le plein pour cette avant dernière journée du Festival du premier film francophone. Un court, un long, en présence des réalisateurs et/ou des acteurs, c’est la formule répétée trois fois. Court numéro 1 : Vol plané de Bruno Véniard où le réalisateur sur le mode comique, sans planer bien haut, met en abyme une direction d’actrices problématique. Suit le premier long métrage de Rachel Lang, Baden Baden qui commence lui aussi sur un tournage. Ana, 26 ans, sert de taxi à l’équipe du film, dans une Porsche de location, y apparaissant d’emblée au volant, serrée en gros plan sur fond de ville floue, un peu perdue, pas dans les temps. Rachel Lang ne la lâchera plus dans son errance de quasi trentenaire en quête de travail, de repères, de sens. Retour à Strasbourg dans la voiture de luxe qu’elle n’a pas rendue pour revoir un frère, des amies, un copain-amant et complice, un ex-amour fatal, vidéaste «romantique», égoïste et irresponsable, rencontrer un intérimaire amoureux en clown triste et un futur légionnaire déterminé. Et surtout y retrouver une grand-mère adorée, rieuse, mais fragile, et entreprendre, lorsque la vieille dame se trouve hospitalisée à la suite d’une chute, de déposer la baignoire de sa salle de bains afin d’installer une douche adaptée aux grands seniors. Un défi symbolique- elle ne connaît rien ni au carrelage, ni à la plomberie- pour s’ancrer dans le réel. Détruire et construire de ses mains quelque chose de concret, d’utile, de tangible, car bâtir donne de la force aux hommes, comme Ana l’affirme dans la dernière séquence devant la chapelle de Ronchamp du Corbusier.

La réalisatrice, qui ressemble à son actrice Salomé Richard de façon troublante, choisit le burlesque pour suivre la dérive d’Ana. Baden Baden n’est plus la ville où on n’ira pas, c’est le grand bain. L’eau de vie qui jaillit, éclabousse et ne dort jamais. Dernier volet d’une trilogie qui évolue vers la comédie et la joie spinozienne, ce film témoigne d’un univers et de partis pris cinématographiques très personnels. Une cinéaste à suivre !

ELISE PADOVANI

Mai 2016

Photo : Copyright cheval deux trois / tarantula / jour2fête

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