Gilles Ascaride joue enfin à Aix sa pièce J'ai tué Maurice Thorez...

Le goût de la galéjadeVu par Zibeline

• 22 novembre 2014⇒23 novembre 2014 •
Gilles Ascaride joue enfin à Aix sa pièce J'ai tué Maurice Thorez... - Zibeline

Le roi de l’Overlittérature, (traduire Nouvelle Littérature Marseillaise Mondiale), Gilles Ascaride –nom de règne Gilles Ier L’Excessif-, intronisé par le pape de cet univers décalé,  Henri-Frédéric Blanc, joue pour la première fois joue dans sa ville,  dans le tout jeune Théâtre d’Aix. J’ai tué Maurice Thorez n’en est qu’à la 47e représentation ! Si vous imaginiez trouver  la fin des idéaux du parti communiste, la mort du concept de la dictature du prolétariat, avec un militant repenti et coupable, vous alliez au-devant de désillusions ! Pas de lutte des classes en vue, mais un hurluberlu qui se présente devant un juge (inénarrables mimiques de Gérard Andréani), et s’accuse du pire des crimes, exige un châtiment exemplaire dont le moindre serait de lui « couper la tête pour (lui) faire les pieds », de quel crime ? Tout simplement le meurtre de Maurice Thorez… Pour l’expliquer, notre personnage remonte le temps, évoque les cinq compères inséparables du lycée Marius Olive, tous élèves de russe, sous la férule impitoyable de leur professeur, russe, bien sûr. Voilà ! juste une bande d’ados qui montent sur le bateau de croisière Latvia qui rallie la Méditerranée à la mer Noire, et qui s’amourachent de charmantes soubrettes russes qui nourrissent leurs  timides émois. Bref, il est bon de rire, et la mise en scène de Serge Valetti, toute simple, dans un décor minimaliste où le whisky du juge prend une place essentielle, laisse la part belle au déroulement du quasi monologue de notre « assassin »  qui se grise de mots savoureux et d’images cocasses. Logorrhée parfois, certes, mais on ne peut être que sensible à cette ivresse verbale d’une grande fraîcheur !

MARYVONNE COLOMBANI

Novembre 2014

 

Les 22 et 23 novembre, Théâtre d’Aix

©X-D.R