Mis en scène par Wilma Lévy, «Mongol» a été présenté au Sémaphore, à Port-de-Bouc 

Le fier MongolVu par Zibeline

Mis en scène par Wilma Lévy, «Mongol» a été présenté au Sémaphore, à Port-de-Bouc  - Zibeline

Seul au milieu de la cour d’école, Ludovic esquive les coups, les agressions diverses de Fabrice, le caïd de la classe, et de sa bande. Mais il entend quand même les mots que tous lui envoient au visage, et qui le percutent tout autant, sinon plus. « Nounouille, taré, andouille, niais, simplet… », et le dernier, repris en chœur et scandé par tous : « Mongol ! ». 

Ludovic est juste un peu différent des autres enfants, plus lent, plus timide aussi. Ce mot qu’il ne connaît pas, il va aller le chercher dans son dictionnaire d’abord, puis dans celui de la médiathèque, plus gros et donc plus complet. Et c’est tout un monde qui s’ouvre à lui, car le mot Mongol le renvoie à Mongolie, un pays qui l’envoûte immédiatement, un peuple de guerriers forts, conquérants, chevauchant de fiers chevaux sauvages dans la steppe… Il sera Mongol donc ! Et pour ce faire va se plonger dans les livres, magazines, apprendre de nouveaux mots, qu’il susurre puis crie, transformer sa chambre en yourte, raser son crâne… 

Problème : cette transformation ne va pas plaire à tout le monde ; certains s’agacent (sa maîtresse, ses persécuteurs) d’autres s’inquiètent (ses parents), mais le jeune garçon s’affirme coûte que coûte, ne serait-ce que pour conquérir Sarah, sa camarade de classe dont il est secrètement amoureux. 

C’est une troisième version du texte de Karin Serres, puisant sa source à la fois dans le roman et la pièce, que Wilma Lévy met en scène comme une immersion dans les pensées du jeune Ludovic, ses ressentis. Et dans ce fabuleux fantasme de Mongolie, véritable moteur de ses actes, dont la construction suit sa découverte d’un trésor précieux : la lecture, et l’évasion qu’elle permet. Au centre de la scène, un seul décor, statique, donne le ton, la chambre de Ludovic qui se transformera petit à petit en yourte mongole, tandis qu’autour se succèdent les différents espaces (école, maison…) qui précipiteront sa transformation. 

Gaspard Liberelle incarne très justement ce jeune garçon isolé et persécuté dont le corps se relèvera progressivement au gré de ses découvertes physiques et intellectuelles. Martin Kamoun, Camille Radix et Wilma Lévy font vivre tous les personnages qui l’entourent, mal parfois mais déclencheurs d’une action qui l’aidera à changer sa vie.

DOMINIQUE MARÇON
Janvier 2021

Mongol a été joué devant un public de professionnels les 19 & 20 janvier au théâtre Le Sémaphore, à Port-de-Bouc 

Photo : © X-D.R

Théâtre le Sémaphore
Centre Culturel
rue Turenne
13110 Port-de-Bouc
04 42 06 39 09
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