L’espion inattendu d’Ottavia Casagrande, aux éditions Liana Levi

Le dandy espionLu par Zibeline

  L’espion inattendu d’Ottavia Casagrande, aux éditions Liana Levi - Zibeline

Séducteur, aventurier, sportif de haut niveau, soldat, diplomate, Raimondo Lanza, prince de Trabia, a tout du héros de roman. Pourtant, il fut bien réel et sa courte vie (il est mort à 39 ans) tient du météore, brillante, mouvementée, et ce, en contact avec les plus hautes sphères des pouvoirs. La littérature devient elle aussi épique, à l’instar du personnage. Sa petite-fille, Ottavia Casagrande, évoque dans un premier ouvrage la vie de cet ancêtre hors normes, Mi toccherà ballare-L’ultime principe di Trabia (Feltrinelli 2014), (« il me faudra danser »), ouvrage nourri de lettres trouvées dans une vieille valise remisée au grenier, de photographies, d’anecdotes rapportées à la mère (née deux mois après la mort de Raimondo) de l’auteure, et des nombreux écrits qu’il a inspirés (tels ceux de Susanna Agnelli). Ce deuxième opus, L’espion inattendu (titre original : Quando si spense la notte –Il principe di Trabia, la spia che non voleva la guerra) est né du premier, grâce à un développement nouveau : la fille de Cora (qui fut l’une des compagnes et alliée, (elle-même espionne anglaise), de Raimondo, alias « Rodrigo Linzer »), Géraldine, reconnaît à la lecture du premier livre celui dont sa mère lui a tant parlé… Renaissent alors en un style fluide les évènements de l’année 1940, avec les tractations entre l’Allemagne nazie et l’Italie Mussolinienne, les rôles de la France, de l’Angleterre, celui primordial de Winston Churchill que Raimondo rencontra, les informations erronées envoyées aux nazis qui leur donnèrent une mauvaise appréciation des forces italiennes et une stratégie qui les mena à de cruels échecs… Courses-poursuites, déguisements, fuites, risques, empoisonnement, coups de feu, passes d’armes, botte secrète, exode, mais aussi, bals, cinéma, voluptés… Les personnages historiques prennent chair, comme le ministre des Affaires étrangères, Galeazzo Ciano (beau-fils de Mussolini). Entre comédie romantique et roman d’espionnage, un récit mené avec humour et délicatesse.

MARYVONNE COLOMBANI
Mars 2020

L’espion inattendu, Ottavia Casagrande, traduit de l’italien par Marianne Faurobert
éditions Liana Levi, 19 €