A corps perdu au Théâtre de Lenche

Le corps restéVu par Zibeline

A corps perdu au Théâtre de Lenche - Zibeline

Une gigantesque marionnette nous accueille à l’entrée de la salle, mamelue, fessue, dotée d’une « voix » particulière et d’une présence indéniable. Puis ce sont les interprètes qui se chamaillent, roulant les uns sur les autres, tiraillés par leurs aspirations contradictoires. L’un d’eux chante avec cynisme le Blowin’ in the wind de Dylan, hymne à la liberté contrariée. Une jeune femme veut voir la mer, mais quand elle l’aperçoit  « elle est enfermée derrière un grillage, on dirait qu’elle est en prison ». On assiste à la dispute entre Je et Moi, conflit sans issue. Surgit une poupée grillée, noircie, sanglante, filiforme. Avec un seul gant de bal, une robe fanée et des escarpins brillants, elle est vêtue pour l’amour, comme si rien ne pouvait la décourager, pas même son aspect dérisoire. L’homme qui la manipule avec une tendresse folle l’enlace pour une danse… Pas facile de vivre ensemble ! Car « chacun a son ombre… mais le futur n’est pas écrit ».

GAËLLE CLOAREC
Décembre 2012

A corps perdu était joué du 4 au 8 décembre au Théâtre de Lenche par la compagnie Lalage

Théâtre de Lenche
4 Place de Lenche
13002 Marseille
04 91 91 52 22
http://www.theatredelenche.info/