Vu par Zibeline

FestiAnges, à Klap jusqu’au 18 décembre

Le corps des Anges

FestiAnges, à Klap jusqu’au 18 décembre - Zibeline

Au Klap, durant FestivAnges, la parole est aux chorégraphes. Qui la prennent aussi avec des mots, ou pas…

Commencé avec La Barbe bleue de Michel Kelemenis au Grand Théâtre de Provence, la 2e édition de FestivAnges se poursuit au Klap Maison pour la danse, jusqu’au bal final le 18 décembre. Un temps d’échanges intenses qui dénote une attention particulière aux compagnies de la région, et où chaque chorégraphe invité a pu montrer son travail, qu’il s’agisse d’étapes, d’avant-premières ou de création abouties…

Le 2 décembre Yendi Nammour a présenté non une étape de travail mais le fruit de sa réflexion, dansée, sur ce qu’elle est, chorégraphe, danseuse, «hypermoderne», c’est-à-dire plongée dans une société où le corps est comme flou, et la conscience hurlante. Des mots s’étalent sur les murs, elle dit un poème révolté, puis danse : le poids, l’absence à soi-même, la disparition, la perte dans les ondes et le virtuel. Le voyage dans les mots affichés (aussi simples parfois que Temps, Corps et Mouvement) donne un peu l’impression que sa recherche personnelle la renvoie vers des pistes surexplorées, mais les bribes de danse qu’elle offre vont ailleurs…. À suivre !!

Arthur Perole, chorégraphe Haut Alpin actuellement associé au Merlan, proposait quant à lui un spectacle, Scarlett, aux images particulièrement soignées, et laissant libre cours à notre imaginaire. Un guitariste placé à l’avant scène, de dos, semblait donner vie à quatre corps bougeant lentement dans une pénombre subtile, traversée de jets de lumière, dans lesquels des bribes de membres s’éclairaient soudainement, reflétées dans neuf miroirs troubles où le son aussi, les basses, faisaient vibrer. L’image première, d’une sidérante beauté, se prolongeait longtemps, et les corps comme un magma s’agitaient doucement… Puis cela évoluait vers d’autres tableaux, moins sombres, toujours mystérieux, faits de regards et de poses à l’avant-scène. Une deuxième partie moins fascinante, mais qui gardait une part de mystère, même si la musique trop peu construite finissait par lasser et affaiblir le propos, comme si le musicien démiurge n’avoir plus rien à proposer quand les corps étaient sortis de la tourbe…

AGNÈS FRESCHEL
Décembre 2015

La 2e édition de FestiAnges se poursuit jusqu’au 18 décembre

Photo : Scarlett -c- Agnès Mellon