Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub

L'Art est enfin pris au sérieux, même le kitsch !

Le Club des deux chercheuses

• 2 mai 2019⇒6 mai 2019 •
L'Art est enfin pris au sérieux, même le kitsch ! - Zibeline

Unies par leur intérêt pour les marges philosophiques, esthétiques, géographiques et historiques, les jeunes historiennes de l’art Élise Poitevin et Anne Vimeux enrichissent leur carte de visite de la mention galeristes et commissaires d’exposition. Une aventure motivée par leur envie « d’habiter la ville à l’heure des grands rendez-vous [Manifesta, ndlr], de retrouver la même effervescence créatrice que dans les années 90 ». Par leur désir de questionner l’art, notamment sa biennalisation internationale, et mettre en relation l’art et l’homme par la médiation et la rencontre. Ainsi est née dans le 1er arrondissement de Marseille leur galerie SISSI Club conçue comme une plateforme entre les institutions, les collectionneurs et les jeunes artistes « pour que leurs œuvres soient prises au sérieux ». Élise Poitevin et Anne Vimeux sont allées dénicher les trois premiers exposants là où la création murit au fil des années, où elle se pense et se construit : à l’ESADMM*, et, au fil des rencontres, des visites d’ateliers et des entretiens, elles ont invité Neïla Czermak Ichti, Léna Gayaud et Alexandre Lazo-Guillemette à participer à First Sight §1. Premier volet d’un cycle de trois expositions autour de la problématique du « mauvais goût », du kitsch, du populaire, du pas de côté. Bref, de la marge. Dans la surabondance d’images, d’effets spéciaux, de nouvelles technologies, ces trois futurs diplômés retrouvent le goût de la matière et de la pratique des techniques ancestrales, laissant parfois la trace de leurs mains. Comme dans les céramiques aux formes antiques de Léna Gayaud, modelées et décorées d’émaux colorés. Comme dans les dessins de Neïla Czermak Ichti empreints d’allégories et d’une mythologie pop. Comme dans les constructions en bois d’Alexandre Lazo-Guillemette où la structure brute s’impose autant que son revêtement clinquant. En revendiquant « une esthétique du mal fait », non seulement ils redorent le blason de « l’objet d’art » mais interrogent l’acception « d’œuvre d’art ».

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI,
Mai 2019

*École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée

jusqu’au 6 mai
SISSI club, Marseille
06 40 45 34 22 / 07 81 70 74 95
sissi-club.com

Photo : Oeuvres de Lena Gayraud (détail) © X DR