Le Choix d’Ali, dernier film d'Amor Hakkar, proposé en ligne par Africapt

Le Choix d’AliVu par Zibeline

• 22 janvier 2021⇒28 janvier 2021 •
Le Choix d’Ali, dernier film d'Amor Hakkar, proposé en ligne par Africapt - Zibeline

Le dernier long métrage du cinéaste franco-algérien Amor Hakkar commence et se clôt par une fête, de la musique et des danses. Entre les deux se joue le destin d’Ali. Si, comme lui affirme un ami de rencontre, « on peut être homo et musulman », ce n’est pas évident pour ce jeune homme, discret et assez silencieux, incarné avec beaucoup de justesse par Yassine Benkhadda. Il a quitté sa ville natale, Besançon, pour vivre à Paris. Il y a rencontré Éric (Florian Guillaume) avec qui il vit depuis deux ans, heureux semble-t-il jusqu’à cet appel téléphonique de sa sœur Meryem : leur mère qu’il n’a pas vue depuis cinq ans est en réanimation après un AVC. Aucune hésitation, Ali et Éric partent ensemble à Besançon, mais dès qu’Ali se retrouve dans la ville de son adolescence il n’assume plus rien et laisse son compagnon à l’écart de tout. L’arrivée dans la maison familiale qu’il ne connait pas, ses parents ayant dû déménager poussés par la honte d’avoir un fils différent, est dure. Son père, hostile, refuse de lui parler mais esquissera, un peu plus tard, un geste pour le couvrir alors qu’il dort sur un canapé. Sa sœur (excellente Sophia Chebchoub) préfère le silence : « Nous sommes heureux que tu sois là, donc taisons-nous sur le reste. » La honte lui a fait abandonner ses études. Et  son jeune frère, Amin, bon élève jadis, néglige son travail. C’est avec lui que les liens se recréent d’abord. Pour faire plaisir à sa mère et se rapprocher, il va à la mosquée avec son père, prie avec lui, mais le soir passe un moment dans un bar gay que lui a montré l’infirmier croisé au chevet de sa mère. La honte est là, présente, insidieuse. La caméra de David Moerman la filme en GP sur le visage d’Ali, un sourire gêné, un œil aux abois… Cadré souvent à la fenêtre, comme suspendu entre deux mondes, Ali a un choix à faire, d’autant plus douloureux qu’Éric, reparti à Paris après un épisode violent, est sorti de sa vie. Paris, et la liberté de la grande ville, sont loin. Il lui reste à retourner à Besançon et à assumer ou pas ce qu’il est. Dans Le Choix d’Ali, Amor Hakkar a su traiter avec délicatesse la question de l’homosexualité d’un jeune Maghrébin dans une petite ville, la violence du regard des autres dans une communauté qui n’accepte pas la différence.

ANNIE GAVA
Janvier 2021

Photo © Sarah Films

La 18e édition du Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt se tient du 22 au 28 janvier 2021 : https://www.africapt-festival.fr/

Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt
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