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La poursuite du cyclone : une pièce du danseur Kevin Jean en résidence au théâtre d'Arles

Le calme et la tempête

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La poursuite du cyclone : une pièce du danseur Kevin Jean en résidence au théâtre d'Arles - Zibeline

En résidence au Théâtre d’Arles pour la deuxième année, et après le trio Des paradis programmé la saison dernière -pièce dans laquelle il revisite l’espace collectif pour proposer une utopie commune, un paradis à inventer loin des environnements néfastes à l’épanouissement d’un « vivre ensemble »-, Kevin Jean y a créé La poursuite du cyclone. Le danseur et chorégraphe nous convie à assister à une cérémonie très personnelle, une fête explosive, un cyclone dans l’œil duquel il nous invite à danser, là où c’est calme. Là encore c’est de renouveau dont il est question, là encore l’espace qu’il donne à voir est celui de tous les possibles, où notre imagination peut se laisser aller à inventer, avec lui, la déconstruction d’un monde « dont les fondements ne laissent que peu de place aux individus de tracer librement leur existence […] au-delà des normes et des prescriptions. » Au milieu d’immenses pendules -des boules, comme des poids-, qui sont autant de repères qu’il nomme (« ma mémoire », « mes peurs », « la poursuite »…), il déambule, occupe son espace, avant que des mouvements heurtés, saccadés, pieds qui tapent le sol, poings lancés, ne viennent bousculer le calme avant la tempête. Les boules tournoient en de lents mouvements qui tranchent avec ses bras vigoureux tirant, poussant cette pensée en action. C’est une danse de transe, guerrière, répétitive et énergique, tel un combat intérieur qui se dévoile et annonce des changements. De fait, lentement, il va relier les pendules entre eux, accrochés aux quatre coins, dévoilant un arbre géant, et coloré, sous lequel il semble rasséréné. Là il se dépouille de -presque- tous ses vêtements, offrant en slip et bas résille une danse apaisée, délicate et puissante à la fois. Que voyons-nous, semble-t-il demander le temps d’une pose alanguie ? Une possible transgression de codes imposés, une respiration bienvenue.

Dominique Marçon
Mars 2019

La poursuite du cyclone a été créé les 27 et 28 février au Théâtre d’Arles

Photo : -c- Adele Delefosse


Théâtre d’Arles
43 rue Jean Granaud
13200 Arles
04 90 52 51 55
www.theatre-arles.com