Les costumes du Ballet National de Marseille s'exposent

Le Ballet en fleursVu par Zibeline

• 28 mars 2014⇒29 mars 2014 •
Les costumes du Ballet National de Marseille s'exposent - Zibeline

Dans le cadre du Printemps du BNM, le Ballet de Marseille expose au Château Borély une vingtaine de costumes, témoins de l’histoire du Ballet depuis l’arrivée de Roland Petit en 1972. Le chorégraphe a toujours eu le souci de l’originalité pour les tenues de ses danseurs, aussi avait-t-il collaboré avec de grands couturiers. Yves Saint-Laurent a créé les costumes de Notre Dame de Paris et de Carmen, dont on apprécie les bustiers portés par Zizi Jeanmaire. Il a aussi travaillé avec Versace, le peintre Carzou, la costumière Franca Squarciapino. Le costume de la Fée Carabosse de cette dernière, tout de taffetas, dentelles, perles et sequins, entièrement noir, est le négatif de celui du clown blanc. On retrouve aussi les costumes des créations de Frédéric Flamand dont on connaît le plaisir à travailler avec des architectes, comme Humberto et Fernando Campana pour Les Métamorphoses d’Ovide ou Zaha Hadid pour Metapolis.
Autre étrange rencontre à La Friche avec l’exposition Ou pas. Caty Olive et Christian Rizzo vous invitent à pénétrer dans un univers enfumé et sombre, traversé parfois d’éclairs lumineux. Le sol, entièrement jonché de 1700 costumes des 3500 de la collection du Ballet, devient une sorte de terrain de jeu qui parfois s’anime de la lente traversée d’un corps. Ce sont les danseurs qui viennent improviser de façon alléatoire dans ce décor de fin du monde. Une bande-son électro de Scanner contribue à l’atmosphère quelque peu inquiétante. Étrange dialogue entre les jeunes danseurs et ces costumes chargés de mouvements et de mémoire.
Quinze autres danseurs étaient à l’Opéra de Marseille pour donner Moving Target, une recréation très remarquée de 2010. Le projet de Frédéric Flamand était de collaborer pour la première fois avec des architectes mais aussi de proposer une vision du monde actuel à travers le prisme du regard et de l’expérience de Nijinski, le célèbre danseur et chorégraphe. Des extraits de ses Cahiers, écrits alors qu’il était en hôpital psychiatrique, ponctuent la chorégraphie et la bande-son très éclectique. Des spots, dû aux architectes Diller + Scoffino, s’inspirent allègrement de ceux de la publicité et animent régulièrement l’écran vidéo en fond de scène, proposant un regard corrosif sur notre société avide de confort, de réussite, faisant de nous des cibles fragiles et faciles. Tour à tour sont vantées avec beaucoup d’humour des pilules qui rendent normal, heureux, ou développent une appétence sexuelle. La danse est rapide, rythmée, les quinze danseurs évoluent avec agilité dans cet univers de compétition et de rivalité. Des solos sont d’une beauté époustouflante, mis en valeur par un ingénieux miroir en plan incliné qui permet d’avoir deux points de vue différents sur la chorégraphie. Un spectacle original et multiforme qui a ravi le public et nous fait regretter le départ de son chorégraphe.

CHRIS BOURGUE
Avril 2014

Moving Target était donné à l’Opéra de Marseille les 28 et 29 mars

Ou pas
jusqu’au 29 juin
La Friche Belle de Mai, Marseille
04 95 04 95 95

Mouvement perpétuel
jusqu’au 11 mai
Château Borély, Marseille

www.ballet-de-marseille.com

Photo : Ou pas © Thierry Hauswald

La Friche
41 rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 95
http://www.lafriche.org/

Opéra de Marseille
2 Rue Molière
13001 Marseille
04 91 55 11 10
http://opera.marseille.fr/