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Séance d’ouverture du Festival nouv.o.monde : L'Amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot

L’art du « sépartement »

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Séance d’ouverture du Festival nouv.o.monde : L'Amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot - Zibeline

En séance d’ouverture à Rousset du Festival nouv.o.monde, (déjà entamé à Trets et Aix-en-Provence), un petit bijou de comédie, le premier film de Romane Bohringer et Philippe Rebbot, L’amour flou, précédé du délicieux court-métrage de Reda Kateb, Pitchoune (dans lequel il joue avec P. Rebbot) où deux frères font de l’animation pour enfants dans une grande foire, pathétiques et drôles… Philippe Rebbot, invité au festival, évoquait le tout récent projet d’un futur long-métrage avec R. Kateb où l’on retrouverait les deux clowns en spectacle dans les hôpitaux, et Bouli Lanners dans le rôle d’un chef de clinique.

L’amour flou narre l’histoire d’un couple qui au bout de dix ans de vie commune décide de se séparer mais en restant unis auprès de leurs enfants. Les deux réalisateurs mettent ici en scène leur propre histoire (avec leurs vraies familles), au cœur d’une autofiction revigorante qui échappe à tout voyeurisme. La réalité de la rupture n’est plus conçue comme écrasante, mais s’ouvre à de nouveaux possibles, à une réinvention des relations. L’amour se transforme en une amitié complice et profonde. Le nouvel appartement du couple s’orchestre autour de la chambre des enfants : de part et d’autre de ce lieu, séparés et unis à la fois (par un « sas » ou un « couloir », inénarrable séance d’explication de vocabulaire !) les appartements de chacun des parents. Le ton de la comédie domine dans cette fiction construite sur l’intime, et raconte avec une espiègle vivacité l’histoire d’une séparation « digérée », sous les auspices de la chanson de Michel Delpech Les divorcés. De nombreux questionnements naissent au fil des scènes, le couple, la parentalité, l’éducation (entretiens délirants de drôlerie avec le directeur de l’école), la GPA, la date de « péremption » de la maternité, l’homoparentalité… le tout tissé dans une tonalité douce-amère servie par une caméra qui sait accorder une infinie poésie au moindre plan. Sans doute, « la fiction sauve la vie » comme le suggère Philippe Rebbot, qui conclut : « Soyons tendres dans un monde qui ne l’est pas ! »

MARYVONNE COLOMBANI
Mars 2019

La projection de L’Amour flou a eu lieu le 14 mars, à Rousset, Salle Émilien Ventre, dans le cadre du Festival nouv.o.monde

Photo : (Nouv.o.monde) Philippe Rebot © Films du Delta


Salle Emilien Ventre
Boulevard de la Cairanne
13790 Rousset
04 42 29 00 10
http://www.rousset-fr.com/