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De l'art de l'installation, La spatialité immersive d'Alain Alberganti paru chez L'Harmattan

L’art de l’immersion

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De l'art de l'installation, La spatialité immersive d'Alain Alberganti paru chez L'Harmattan  - Zibeline

Il n’est pas rare de nos jours que le visiteur d’une exposition d’art contemporain, en quelque point du globe, ne soit pas invité à faire l’expérience d’une installation.

Mais quelle est vraiment la nature de ce médium ? Quelle est son histoire? En quoi se différencie-t-il pour le spectateur, comme pour l’artiste, des autres formes artistiques ? Comme on regarde un tableau, une installation se vit. Dans un langage accessible Alain Alberganti, Docteur en esthétique, ne se contente pas de faire le tour de la question. Avec la rigueur et l’érudition du spécialiste, d’un bout à l’autre son livre nous fait littéralement éprouver son sujet, plus particulièrement ce qu’il appelle l’installation immersive qu’il différencie de l’installation-sculpture. En adoptant une démarche systémique, l’auteur reprend le cours de l’histoire de l’art depuis l’époque des classiques avec la question de l’espace perspectif (par le détour de l’antique), revisite dans le détail le moment fondamental des révolutions esthétiques du XXe siècle, portées plus précisément dans le théâtre et les arts plastiques, peinture et sculpture surtout, les arts visuels ne se contentant plus de la finalité de la représentation. «Il a fallu toute la première partie du XXe siècle pour libérer l’espace plastique de l’emprise du cadre, du socle et de la scène.» Pour nombreux créateurs il s’agit de concevoir et proposer un autre rapport à l’œuvre, qui en appelle davantage au corps et à une participation du visiteur en l’immergeant dans un espace singulier. La forme installation, principalement immersive, se joue dans la porosité des divers champs artistiques, de l’art du spectacle et de l’architecture. Regardeur, visiteur, spectateur, acteur, participant… sont tout autant et variablement sollicités dans le dispositif esthétique. «… L’installation immersive n’est pas une oeuvre-objet mais une oeuvre-espace.» Si de nombreux artistes sont référencés, et certains étudiés plus avant ainsi Sarkis, J.Turrell, R.Serra, D.Buren, Y. Kusama, H-W. Müller, on aurait aimé -pour davantage ancrer le propos- élargir les références et bénéficier de reproductions afin de visualiser ces créations spécifiques, tant leur mise en vue peuvent être variées de Soto à Thomas Hirschhorn jusqu’aux dispositifs multi média interactifs. Un index des termes et concepts aurait été aussi bienvenu. Complexe, passionnant, indispensable pour comprendre finement une part désormais familière de l’art d’aujourd’hui, tant la question de l’appropriation de l’espace reste une problématique fondamentale des êtres humains.

CLAUDE LORIN

Janvier 2014

De l’art de l’installation, La spatialité immersive
Alain Alberganti
L’Harmattan, 39 €