Dans intimité de la création des Ballets monégasques

L’art de la diérèseVu par Zibeline

• 27 décembre 2019⇒5 janvier 2020 •
Dans intimité de la création des Ballets monégasques - Zibeline

« Coppél-i.a », insiste dans un sourire Jean-Christophe Maillot, chorégraphe et directeur des Ballets monégasques, qui présente en primeur, le premier acte de son nouvel opus au public du studio de l’Atelier des Ballets de Monte-Carlo, à Beausoleil. Ces fragments de répétitions publiques expliqués sont passionnants, le spectateur a l’impression d’entrer dans l’intimité de la création, par une proximité unique avec les danseurs. Pas de décor, pas de costumes, mais les deux distributions complètes (une première dans la manière de travailler de l’artiste) évoluent à tour de rôle, sous le contrôle attentif de Bernice Coppieters (maître de Ballet Principal). Le spectacle, sur lequel Jean-Christophe Maillot avoue travailler depuis longtemps (« mon arlésienne », dit-il), est connu pour avoir porté malheur, puisque l’année même de sa création, 1870, son chorégraphe, Arthur Saint-Léon, meurt ainsi que la danseuse créatrice du rôle-titre, Giuseppina Bozzacchi ! Inspiré d’un conte d’Hoffmann, L’homme au sable, il tient une « place très particulière dans l’histoire de la danse : réputé pour être léger, familial », mais il « autorise aussi une projection contemporaine ». Coppélius, vieil inventeur passionné par les automates, crée un « idéal », une poupée si parfaite qu’elle a l’air d’être vivante. La seule chose qui lui manque, c’est une âme. Aussi, le Coppélius de Jean-Christophe Maillot aura quelque chose de machiavélique, une aura de « Frankenstein »… Coppélia devient ici un vrai rôle, endosse une existence, tandis que se pose le problème de l’intelligence artificielle, et la question de ce qui constitue l’humain… Comme toujours, le chorégraphe part de la musique pour composer, celle de Léo Delibes rend le ballet un peu « nunuche », aussi elle est tordue, décalée, dans les arrangements de Bertrand Maillot, instille le doute par des changements de tonalité, souligne les tensions, crée le malaise au cœur de la fête. Jean-Christophe Maillot laisse planer le suspense quant au deuxième acte, mais promet : « à la fin du ballet, les femmes ont une belle place, il était temps ! »
MARYVONNE COLOMBANI
Décembre 2019

Les Imprévus ont été donnés les 5 et 6 décembre, Atelier des Ballets de Monte-Carlo, Beausoleil

À venir
Coppel-i.a
27 décembre au 5 janvier
Grimaldi Forum, Monte-Carlo
00377 99 99 30 00 balletsdemontecarlo.com

Photo : coppél-i.A © Alice Blangero

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