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Vu par Zibeline

La vie devant soi adaptée par les marionnettistes du Rodéo Théâtre : hyper émouvant !

L’amour selon Momo

• 12 juillet 2019⇒19 juillet 2019 •
La vie devant soi adaptée par les marionnettistes du Rodéo Théâtre : hyper émouvant ! - Zibeline

« Oh là là, qu’est-ce que c’était beau ! » ;« Qu’est-ce que j’ai pleuré ! » s’exclament les spectateurs à l’issue de la représentation, les yeux encore humides mais souriant de toutes leurs dents. Les marionnettistes du Rodéo Théâtre ont adapté avec brio le roman d’Émile Ajar alias Romain Gary, La vie devant soi. Un texte saisissant, prix Goncourt 1975, travaillé par Yann Richard avec le metteur en scène Simon Delattre, pour en extraire le suc. L’histoire se recentre sur les personnages principaux : Momo, jeune garçon grandissant sous l’aile de Madame Rosa, ancienne prostituée et rescapée d’Auschwitz. « Est-ce qu’on peut vivre sans amour ? », demande le héros au début. « Est-ce qu’on peut vivre sans aimer ? », demande-t-il à la fin, une nuance d’importance qui en dit long sur sa maturité chèrement acquise.

Tout le tragi-comique de l’existence humaine en une heure et demie de spectacle, sans pathos ni temps mort, relevé par l’usage pertinent de la scénographie, des marionnettes et de la musique, trois outils particulièrement bien maniés par la compagnie. Tiphaine Monroty signe la première, inventive sans être ostentatoire, ainsi que la lumière. Marion Belot et Anaïs Chapuis ont œuvré sur les deuxièmes, créant des visages et des silhouettes qui frappent l’imagination, au service des personnages et de la narration. La dernière est jouée en direct par une chanteuse à la voix exceptionnelle, Nabila Mekkid. En trois langues -français, arabe, anglais- elle interprète de somptueuses ballades, apportant selon les souhaits du metteur en scène « une respiration » au récit, tout en campant une allégorie : « elle est toutes les putes du monde, invisibilisées ». Saluons pour finir le travail généreux des trois acteurs, Maïa Le Fourn (Madame Rosa), Nicolas Gousseff (Monsieur Hamil, voisin féru de Victor Hugo) et Tigran Mekhitarian (Momo). Réussir à tenir en haleine et émouvoir à ce point une salle pleine d’adolescents de 15 ans n’est pas une mince performance.

GAËLLE CLOAREC
Janvier 2019

La vie devant soi s’est joué du 24 au 26 janvier au Théâtre Massalia, Marseille, le 29 janvier au Théâtre de Grasse, et le 1er février à La Garance, Cavaillon.

Il sera présenté au Festival Contre Courant, sur l’Île de la Barthelasse, du 12 au 19 juillet 2019.

Photo : -c- Matthieu Edet


Théâtre Massalia
41 Rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 70
http://www.theatremassalia.com/