Critique: La Chèvrerie Honnoré a reçu les Jeunes talents de l’Académie Musicale Philippe Jaroussky
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La Chèvrerie Honnoré a reçu les Jeunes talents de l’Académie Musicale Philippe Jaroussky

L’Académie à la Ferme !

La Chèvrerie Honnoré a reçu les Jeunes talents de l’Académie Musicale Philippe Jaroussky - Zibeline

Vitesse de croisière pour la onzième édition du Festival Musique à la Ferme, qui au fil des ans s’est imposé par sa qualité, irréprochable, son inventivité, son humour, sa délicatesse, la variété de ses approches, sa capacité à arpenter les genres musicaux, avec le même bonheur. Cette édition était placée sous l’égide de la « Mama » du festival, « Maîtresse des lieux pour les festivaliers, et Mère pour les musiciens », Martine Honnoré, dont le portrait accompagné d’un bouquet de roses rouges veille à l’entrée de la grange de la chèvrerie.

Romantique concert que celui proposé par des Jeunes talents de l’Académie Musicale Philippe Jaroussky, promotion Mozart, lors de la soirée qui leur était consacrée, avant qu’ils ne rejoignent la Seine Musicale de l’Île Seguin (Boulogne Billancourt) pour le Concert final de la première année de cette belle initiative. Une première partie s’attachait à l’œuvre de Brahms, beaux emportements et notes rêveuses de l’Adagio et allegro par Vincent Mussat (piano) et Jérémy Garbarg (violoncelle), délicatesse des Dichter liebe (les amours du poète) portés par la voix bien placée du contre-ténor Evann Loguet-Raymond, accompagné par le piano de Marine Bombardier, court moment de grâce du Libeslied (chanson d’amour, extrait de l’opus 51) par les premiers instrumentistes… La vivacité, la profondeur de jeu, déjà, transportent, et François Castang, en Monsieur Loyal, invite les jeunes et brillants musiciens à revenir sur leurs débuts, sur ce qui a motivé leur engouement, le choix de leur instrument, et leur décision de devenir musiciens. Pas de loi générale, si certains sont issus de « familles de musiciens », ce n’est pas une filiation obligatoire, d’autres sont les seuls (ou du moins les premiers) à aborder une carrière musicale et la pratique d’un instrument, les uns formés dès leur plus jeune âge au conservatoire, d’autres ont abordé cet univers en autodidactes. Le seul point commun : leur capacité à dominer les diverses techniques, à donner une voix, un sens, un esprit à leurs interprétations. Leur subtile finesse et leur enthousiasme se conjuguaient encore avec des pièces de Brahms, Zwei Gesänge, opus 91 qui permettait de découvrir, accompagnée par le violoncelle de Clara Germont et le piano de Marine Bombardier la mezzo-soprano Julie-Anne Moutongo-Black, tessiture ample et habitée, puis des extraits des Danses hongroises au piano en un vif et alerte quatre mains. Enfin, l’ensemble de ces jeunes et talentueux musiciens se retrouvait pour Ich wollt’ mein Lieb’ergrösse sich (Je voudrais que mon amour s’écoule…) de Mendelssohn. Rappels, bis, un enthousiasme prometteur d’une belle carrière pour ces talents qui sont déjà d’aujourd’hui !

MARYVONNE COLOMBANI
Juin 2018

Concert donné dans le cadre de Musique à la Ferme, le 29 mai à la Chèvrerie Honnoré, Lançon-Provence

Photographie : Tremplin Jeunes talents © Musique à la Ferme