L'enfance placée au coeur de La vraie famille, deuxième film de Fabien Gorgeart

La vraie familleVu par Zibeline

• 16 mars 2022 •
L'enfance placée au coeur de La vraie famille, deuxième film de Fabien Gorgeart - Zibeline

Un parc aquatique, des jeux, des rires, des enfants, des parents, les vacances…tel un paradis. Peut-être un peu artificiel avec ses animaux décoratifs au premier plan qui semblent nous mettre en garde. C’est ainsi que commence le deuxième film de Fabien Gorgeart, La vraie famille. Anna et Driss voient tout à coup leur quotidien bouleversé. Le père biologique, Eddy (Felix Moati), du petit dernier de la fratrie, Simon, six ans, placé chez eux à 18 mois, a demandé au juge de le reprendre chez lui. Il a surmonté la dépression qui a suivi le décès de sa femme. Certes, ce sera progressif, une journée, le weekend puis les vacances. Pour Anna, c’est un véritable séisme tant son amour pour Simon est fort, presque trop, fusionnel. Elle savait théoriquement qu’il en serait ainsi un jour, mais Simon est le premier enfant qu’elle a accueilli. Malgré sa conscience professionnelle, elle ne respecte pas tout à fait ni les conseils de Driss, ni les consignes de l’assistante familiale (Florence Muller) : Simon ne doit plus l’appeler Maman ! Simon ne pourrait plus partir en vacances à la neige ni fêter Noël avec ses frères ? Comment l’accepter ? C’est cette souffrance, cet amour et ce combat que nous fait partager Fabien Gorgeart qui a écrit le scénario, inspiré par un moment de son enfance. Regard bienveillant, le cinéaste ne juge aucun de ses personnages : chacun a ses raisons. Pour jouer Anna, cette mère qui souffre, se bat avec énergie, une Mélanie Thierry bouleversante dont la caméra de Julien Hirsch filme le visage comme un paysage changeant, l’amour ou le désespoir au bord des yeux. À ses côtés, Lyes Salem est parfait en père et mari aimant et protecteur. On n’oubliera pas de sitôt le regard intense de Gabriel Pavie pour incarner ce petit garçon qui doit se séparer de sa « maman » mais qui s’inquiète de la tristesse de son père resté seul à la maison. Une mise en scène fluide et pudique, une interprétation sans failles, un équilibre réussi entre gravité et légèreté contribuent à la réussite de ce film émouvant mais sans pathos. La vraie famille a obtenu deux Valois au Festival d’Angoulême.

ANNIE GAVA
Février 2022

On peut écouter un entretien sur WRZ :
https://www.journalzibeline.fr/programme/fabien-gorgeart-et-lyes-salem-a-propos-de-la-vraie-famille/

La vraie famille de Fabien Gorgeart sort le 16 février (1h42)

Photo : La vraie famille © Cédric Sartore