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Vu par Zibeline

Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla enflamment les cœurs avec leur Traviata

La Traviata divine tragédie

Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla enflamment les  cœurs avec leur Traviata - Zibeline

Il faut le talent de Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla pour concevoir une Traviata sans fosse ni orchestre ni chœur, mais avec treize comédiens-chanteurs-musiciens, et résumer l’intrigue en deux heures à travers une partition « désacralisée », un mélange d’archives et d’extraits du livret de Francesco Piave, lui-même inspiré de La Dame aux camélias de Dumas fils ! La lisibilité du drame l’emporte ici sur la partition, ce qui ne saurait déplaire à Verdi, grâce à l’audacieux brassage de théâtre et d’opéra, de voix chantées et parlées émaillé de digressions, d’anecdotes et d’allusions à Théophile Gautier, Dumas père ou Liszt. Pour le rôle-titre habituellement interprété par une soprano, Judith Chemla s’est mise au chant lyrique et parvient à conjuguer avec fluidité son jeu de comédienne incandescente et son timbre gracieux. Une prouesse qui éclipse parfois la voix de ses amis à l’heure des scènes festives ou carnavalesques, mais la ferveur des musiciens infiltrés dans tous les interstices du plateau fait vite oublier ce petit défaut. Toute La Traviata est là, son héroïne au sang chaud et au cœur amoureux, sa rédemption par le sacrifice et le renoncement, le regard acerbe des auteurs sur les convenances et la désinvolture de la société parisienne dans les années 1850… Dans un décor masqué par un voile de tulle blanc, parsemé de bouquets champêtres, on assiste impuissant et troublé à la lente agonie de la courtisane au destin funeste : la tragédie se lit sur son pâle visage, sur son corps gracile, autant que dans la construction musicale qui alterne ambiances surchauffées et tableaux intimistes. Si le vin et les chants embellissent la vie, si l’amour « est le souffle de l’univers », si les cœurs s’enflamment, « la fange » du passé dissolu de Violetta la rattrape jusqu’à la maison de campagne où elle s’est refugiée avec Alfredo. Jusqu’aux dernières vibrations de son cœur.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Mars 2018

Traviata vous méritez un avenir meilleur a été donné les 21, 23 et 25 mars à Châteauvallon scène nationale d’Ollioules en partenariat avec l’Opéra Toulon Provence Méditerranée

Photo : Traviata vous méritez un avenir meilleur © Pascal Gély


Châteauvallon – Scène nationale
795, chemin de Châteauvallon
BP 118
83192 Ollioules cedex
04 94 22 02 02
www.chateauvallon.com