Critique: La Belle Scène Saint-Denis a fait son festival au Off d'Avignon du 6 au 19 juillet avec des propositions singulières
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La Belle Scène Saint-Denis a fait son festival au Off d'Avignon du 6 au 19 juillet avec des propositions singulières

La Scène Saint-Denis sans parenthèses

• 6 juillet 2015⇒19 juillet 2015 •
La Belle Scène Saint-Denis a fait son festival au Off d'Avignon du 6 au 19 juillet avec des propositions singulières - Zibeline

Pendant le festival Off d’Avignon, un évènement commun, La Belle Scène Saint-Denis, rassemble à La Parenthèse les compagnies accompagnées tout au long de l’année par le département de la Seine-Saint-Denis.

On a ainsi pu découvrir des projets originaux entre auteurs et chorégraphes créés dans des lieux inédits et initiés par le festival Concordan(s)e. Ainsi, dans Musem Of Nothing, l’écrivain-poète-performer Antoine Dufeu et le danseur Jonah Bokaer, qui aime à créer dans des espaces muséaux et est régulièrement invité par le CDC Les Hivernales, exploraient horizontalité et verticalité, nature et vie, inspirés par une performance de l’artiste Joseph Beuys dans une galerie new-yorkaise en 1974, où il vécut dans une cage avec un coyote sauvage durant trois jours… 40 ans plus tard et sans coyote, sous le soleil de plomb de la fin de matinée, difficile de suivre très sérieusement ce rituel de la représentation totalement surréaliste ! Malgré tout, de fil en aiguille, ou plutôt de serviettes éponges enroulées autour de la taille au wall-street journal scotché au sol (!), par leur talent conjugué et leur drôlerie assumée, les deux artistes nous ont embarqués avec le sourire dans leur imagination à cage ouverte.

La magnifique Michèle Noiret prit la suite pour danser une partie de son célèbre Solo Stockhausen, Palimpseste #1, qu’elle transmettra au danseur David Drouard la saison prochaine. Un petit aperçu de cette transmission chuchotant comme une plume plus tard, de l’une à l’autre, du féminin au masculin, l’exercice chorégraphique et la qualité du geste ont confirmé la précision impressionnante de cette pièce d’horlogerie.

Avec-AnastasiaAvec Anastasia, nouveau portrait sur l’adolescence chorégraphié par Mickaël Phelippeau, clôturait avec enthousiasme la démonstration jusqu’alors très appliquée. Quelle joie d’observer cette jeune Anastasia, avec ses dread-locks en plastique interminables qui lui servent d’ailes, sa danse africaine et ses souvenirs de concours de mini-miss, son humour, son culot et la puissance de son devenir. La jeune Guinéenne prit le temps de se raconter, par bribes bien choisies, ni trop intimes ni insignifiantes : les plats traditionnels de son pays natal qu’elle a dû quitter suite à un coup d’état et la balle perdue à 10 cm de sa joue, l’étrangeté ressentie en arrivant en France parce que «tous les blancs se ressemblent», son sourire forcé et joyeux, sa prière, sa mère… Une pépite révélée à nouveau par le faiseur de talents Mickaël Phelippeau, qui ne cessa toute la représentation d’entourer de son regard la chrysalide et la rejoignit pour une joute finale originale.

DELPHINE MICHELANGELI
Juillet 2015

La Belle Scène Saint-Denis s’est tenue du 6 au 19 juillet à La Parenthèse pendant le festival Off d’Avignon.

Photos : Musem of Nothing et Avec Anastasia © Delphine Michelangeli