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Vu par Zibeline

Eugène Onéguine : un enchantement lyrique à Toulon

La Russie sur un plateau

Eugène Onéguine : un enchantement lyrique à Toulon - Zibeline

Pour sa dernière production lyrique de la saison, l’Opéra de Toulon reprenait avec bonheur une production de l’Opéra National de Lorraine mise en scène par Alain Garichot et chorégraphiée par Cooky Chiapalone. Eugène Onéguine, tiré du roman de Pouchkine, chef d’œuvre de Tchaïkovski édité sous l’appellation “Scènes lyriques” y bénéficiait d’une scénographie extrêmement sobre dans des décors depouillés, presque jusqu’à l’épure, signés Elsa Pavanel. En intérieur comme en extérieur, d’immenses cylindres, évoquant soit des arbres soit des colonnes en fonction du lieu de l’action, cloisonnaient l’espace scénique parsemé à l’occasion de mobilier quand cela s’avérait nécessaire. Sur le plateau , les beaux costumes signés Claude Masson magnifiés par les lumières douces et enveloppantes de Marc Delamézière offraient aux personnages une stature idéalement conforme à leur rang social. Cette mise en scène rendait grâce à un plateau de voix toutes exemplaires dans leurs rôles, soutenues avec majesté par un orchestre au diapason idéalement dirigé par Dalia Stasevska. Sa direction, à la gestuelle expressive dégageait une autorité imposante donnant un souffle éloquant aux envolées lyriques des chanteurs dans cette partition exigeante à plus d’un titre. Point d’errances bel cantistes et de virtuosité excessive ici, les voix des chanteurs s’appuyaient sur un livret où les dialogues chantés parlent d’eux-mêmes exigeant des interprètes une ferveur théâtrale sans faille. Natalya Pavlova incarnait une Tatiana de premier plan dont les aigus puissants tranchaient avec la rondeur du timbre de Fleur Barron, elle aussi parfaite en Olga. Le baryton Simon Mechliński donnait force crédit à son personnage d’ Onéguine alternant suffisance et fragilité au cœur même du drame, opposé à son ami et infortuné duelliste Lenski lui aussi très bien interprété par le ténor Pavel Valuzhin. Sommet parmi tant d’autres du répertoire de basse, l’air de Grémine était interprété avec une évidence rare par Andrey Valentiy. De la richesse des orchestrations du compositeur à son exceptionnel talent de mélodiste, rien n’échappait aux mélomanes tant cette lecture musicale de l’ouvrage semblait habitée par chacun de ses protagonistes: une réussite assurément.

É. Moreau
Juin 2019

Eugène Onéguine a été donné à l’Opéra de Toulon du 24 au 28 mai

Photographie : Eugène Oneguine ©Dominique Jaussein


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