Vu par Zibeline

La Roque d’Anthéron : 2 tubes méconnus

• 22 juillet 2013 •
 - Zibeline

Lorsque le programme est bâti sur deux mastodontes de la musique « classique », on se demande toujours comment on peut être surpris. En fait, le commun des mortels, mélomane, connaît seulement le début d’un mouvement, d’un thème et il est excitant, au-delà de la jubilation auto-satisfaite, de rencontrer l’œuvre dans son entier. Ce 22 juillet au soir, Andreï Korobeinikov a joué le Concerto pour piano N°2 en ut mineur de Rachmaninov. Technique solide, gammes, arpèges, sauts d’octaves, tout est fulgurant. Une plénitude de vieux briscard à … 27 ans ! Un Orchestre National de Lyon au sommet, dirigé par Antoni Wit, bondissant, précis, généreux, lumineux dans ses gestes. On retiendra l’Adagio sostenuto, d’une sensibilité incroyable. A la place de bis étourdissants, musique russe endiablée, le pianiste russe déroula, plein de malice et de grâce, une œuvre très conventionnelle, Les Six Variations sur un thème original de Beethoven op 76. Ah, la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořàk ! Le 4ème mouvement soulève l’enthousiasme par ce thème fougueux, tellement utilisé (publicité, cinéma…) qu’il fait partie de la mémoire collective ; l’entendre ici dans cette acoustique, est unique : superbes cuivres. Le Largo est une merveille de calme champêtre, odeurs de la Bohême natale, solo élégiaque du cor anglais, rappelant les grandes plages symphoniques de Copland (Appalachian Spring), autre amoureux de l’Amérique. Une Danse slave en bis du même Dvořàk et un chef, bientôt septuagénaire,  dansant avec son orchestre ! Public chaleureux et conquis de découvrir des œuvres qu’il pensait connaître, dans les conditions idéales d’une soirée estivale exceptionnelle, au Parc du Château de Florans.

YVES BERGE
Juillet 2013

Photo : Andreï Korobeinikov -c- Christophe Grémiot

Festival International de Piano, La Roque d’Anthéron

www.festival-piano.com