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Retour sur l'Université d'été en sociologie et sciences sociales qui a eu lieu du 1 au 5 juillet à Marseille

La mondialisation, voyage immobile

• 1 juillet 2013⇒5 juillet 2013 •
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Retour sur l'Université d'été en sociologie et sciences sociales qui a eu lieu du 1 au 5 juillet à Marseille - Zibeline

Marseille a accueilli durant la 1ère semaine de juillet sociologues et chercheurs en sciences sociales lors d’une université d’été sur le thème des Dominations et résistances. Cinq jours extrêmement riches, tant par la variété des intervenants venus du Québec, d’Égypte, du Sénégal ou de Belgique, que par la qualité des contenus. Lors de la journée de clôture, on a ainsi eu le plaisir d’écouter Anne Catherine Wagner rappeler que l’apparition d’une classe dominante cosmopolite, unie par un même capital culturel et un mode de vie standardisé n’est pas propre au libéralisme contemporain : les aristocraties du XVIIIe siècle marquaient ainsi leur distance avec les basses classes, tout comme c’était le cas dans l’Antiquité romaine.
Puis ce fut au tour de Roland Gori de s’exprimer sur le caractère insidieux de la dominance moderne, qui esquive le débat citoyen en multipliant normes et décrets : «L’évaluation est un moyen de faire intérioriser des ordres sans en avoir l’air, tout en leur donnant l’apparence de l’objectivité.» Selon lui, les dispositifs s’imposent moins au sujet qu’ils ne le fabriquent, opérant une véritable mise sous tutelle avec assentiment de l’individu. Mais il insiste : il n’y a aucune raison d’accepter ce diktat.
Dans la même recherche des lignes de force de l’émancipation, on constate avec plaisir que les sciences sociales balaient devant leur porte : Philippe Corcuff par exemple déplore certains travers de groupes auto-proclamés «capables» s’étant donné pour mission de transmettre la pensée critique aux «incapables» (comprendre les non-intellectuels !). Le capitalisme mondialisé stimule les désirs individuels sans jamais les satisfaire, car il n’existe que dans la marchandisation : il génère de la frustration. Mais cantonner le sujet à la frustration, c’est dénier sa capacité d’autonomie, son imagination, c’est «aplatir la critique sous l’idée de souffrance». Nous adoptons sans hésiter sa conclusion : cultiver ses imaginaires, c’est de la résistance.

GAËLLE CLOAREC

Juillet 2013

La 4e université d’été en sociologie et sciences sociales du RéDoc s’est tenue du 1er au 5 juillet au Campus Saint-Charles, Marseille

Photo : Université d’été (c) Gaëlle Cloarec