Retour sur la leçon de cinéma donnée par Tania Hermida aux Rencontres du cinéma Sud-Américain le 2 avril

La leçon de TaniaVu par Zibeline

• 2 avril 2014 •
Retour sur la leçon de cinéma donnée par Tania Hermida aux Rencontres du cinéma Sud-Américain le 2 avril - Zibeline

Magistrale leçon de cinéma, donnée le 2 avril au Gyptis par l’invitée d’honneur de la 16e édition des Rencontres du cinéma Sud-Américain : Tania Hermida. Élégance et générosité de la dame, la leçon se fit en français, sans les ruptures rythmiques du truchement. Formée dans les années 90 à l’école internationale de cinéma et de télévision de San Antonio de Los Baños, à Cuba, par des maîtres militants qui pensaient que le cinéma n’était pas fait pour raconter des histoires mais pour faire l’Histoire dans un esprit collectif révolutionnaire, la réalisatrice équatorienne garde de cette formation, «l’exigence d’un regard critique qui cherche sa raison d’être». À travers l’analyse d’extraits de ses films (Qué tan lejos et En el nombre de la hija), elle a souligné comment son approche très personnelle dialoguait avec les traditions narratives, d’Octavio Paz à Cervantès, de la Bible à Lewis Caroll, comment la façon de dire la réalité transformait cette réalité. Elle a montré comment on pouvait «voir» le sud depuis le sud, et expliqué combien il était difficile de mener à bien un projet qui s’affranchit des stéréotypes folkloriques attendus, y compris dans le cinéma indépendant. Y a-t-il spécificité esthétique, géopolitique du cinéma Sud-Américain ? Comment le définir sans le limiter ? Au-delà des mots-clés comme Amazonie, Andes, néocolonialisme, métissage, machisme, dictature, misère, violence, Tania a affirmé qu’il était aussi diversifié que n’importe quel autre cinéma. À partir de son «terreau», une femme équatorienne peut traiter des mêmes sujets qu’une française lesbienne, un hétéro belge ou un polynésien homosexuel ! Tania Hermida avait commencé son exposé en rappelant une boutade de Caetano Veloso : «Si on a une idée géniale, mieux vaut en faire une chanson parce qu’il est prouvé qu’on ne peut philosopher qu’en allemand». Elle l’a conclu en suggérant que la révolution aujourd’hui commençait sans doute avec la possibilité de philosopher dans toutes les langues !

ELISE PADOVANI
Avril 2014

Les Rencontres du Cinéma Sud-Américain ont eu lieu du 28 mars au 5 avril à Marseille

Photo : Directora Tania Hermida © Medula Films

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