Une semaine de voyages et de découvertes au festival de Lambesc

La guitare pour arpenter le monde

• 25 juin 2018⇒30 juin 2018 •
Une semaine de voyages et de découvertes au festival de Lambesc - Zibeline

Le 18e Festival International de la Guitare de Lambesc organisé par l’association AGUIRA de Charles Balduzzi s’achève alors que « cymbalisent » les premières cigales. Condensé sur une semaine de voyages et de découvertes, (remarquablement présentée et documentée dans le programme rédigé par Annie Balduzzi), ce festival, unique en son genre dans notre région, soutenu par une équipe dévouée de bénévoles avec des élus des communes et du département, s’attache à présenter la guitare classique à travers la richesse de son répertoire et de ses créations contemporaines, interprété par la fine fleur des guitaristes venus de la région et du monde entier, grâce à la programmation éclectique et pertinente concoctée par Valérie Duchâteau. En ouverture, elle nous accueille avec Jacques Brel, sa Mer du Nord, ses marins d’Amsterdam, et autres titres bien connus délicatement orchestrés. On découvre la jeune interprète et compositrice Marylise Florid, jeu articulé, art consommé de la nuance, sur des œuvres qui balaient l’histoire, ainsi que des pièces de René Bartoli qui fut son professeur, mais aussi deux de ses propres compositions à l’inventive poésie. La guitare se prêtait au jeu des duos, parmi lesquels on retiendra celui d’Agnès et Gérard Abiton, et le Duo Thémis, impeccable de souplesse et de netteté, que l’on retrouvait lors de l’hommage à la carrière du grand compositeur argentin Raúl Maldonado, auquel l’ensemble des musiciens du festival offrait l’interprétation de son Horizontes ainsi qu’une pièce composée en son honneur par Claudio Camisassa (un vrai tube !). La veille, Raúl Maldonado évoquait la vie et les œuvres d’Atahualpa Yupanqui à travers anecdotes, pièces, chants où l’image prend du sens, où le quotidien devient épopée, en une vision lyrique du monde. Les bonheurs musicaux se prolongeaient avec les instruments des luthiers, en poirier, épicéa, ébène… et une délicate exposition de peintures d’Eva Balduzzi (Vava), qui livre par un traitement subtil des couleurs son appréhension sensible et symbolique des êtres. Lectures lumineuses, artistes précieux se conjuguent en une délicieuse convivialité. Que les nuages sombres des coupes des subventions ne viennent pas obscurcir l’avenir du festival !

MARYVONNE COLOMBANI
Juillet 2018

Photo :  © MC

 

Le Festival International de La Guitare de Lambesc s’est déroulé du 25 au 30 juin