La Forêt de mon père, en salles le 8 juillet

La Forêt de mon pèreVu par Zibeline

• 8 juillet 2021⇒15 juillet 2021 •
La Forêt de mon père, en salles le 8 juillet - Zibeline

La forêt, lieu des légendes, lieu ou l’on rêve, lieu où les parents perdent leurs enfants, parfois, dans les contes… Au faîte d’un arbre majestueux, suspendu par un harnais, Jimmy (Alban Lenoir) explique à sa fille ainée, Gina, 15 ans, le nom latin des arbres et lui rappelle que dans cette forêt, ils sont « juste des invités ». Une forêt qu’aurait pu dessiner Gustave Doré… Ainsi commence le premier long métrage de Vero Cratzborn, La Forêt de mon père. La Forêt, tout proche de leur immeuble, est le lieu préféré de Jimmy qui, parfois, réveille ses trois enfants en pleine nuit pour les y emmener, regarder les étoiles et, pourquoi pas, y faire un feu. Parti chercher du bois, il les oublie, les y laisse seuls jusqu’à ce que sa femme, Carole (Ludivine Sagnier) les retrouve. Une femme qui l’aime, le rassure, assume et gère la maisonnée. Mais Jimmy devient de plus en plus imprévisible : il vole du bois, fait des excès de vitesse jusqu’au jour où, sortant d’un supermarché sans payer avec un chariot plein, il se met à poil et se bat avec des vigiles. Les médecins le prennent en charge et donnent leur diagnostic… Pour Gina qui adore son père, le choc est terrible et elle va tout faire pour le sortir de là, aidé par son ami-amoureux, Nico (Carl Malapa).

C’est par le regard de Gina que nous regardons ce père hors normes, qu’elle idéalise, avec qui elle partage des moments très forts, qu’elle prend parfois aussi en charge inversant les rôles enfant/adulte. Un père à qui son frère crie « Je te déteste » quand il vient de casser la télé, énervé par le bruit. Un père dont elle a honte quand une vidéo de lui, nu sur le parking, circule sur les portables des jeunes de son quartier. C’est par son regard que nous regardons la montée des troubles chez cet homme qui ne se sent bien que dans la nature, et la caméra de Philippe Guilbert a su capter le visage très expressif de la jeune comédienne Léonie Souchaud, excellente dans le rôle de cette adolescente qui sort de la forêt de son père et de son enfance.

« La forêt de mon père n’est pas un copié-collé de mon vécu, ni une autobiographie. C’est une fiction qui permet de faire résonner – je l’espère – ces autres histoires à être au monde. Mon film vient de donner naissance à la plateforme Jefpsy.org, dédiée aux 11-20 ans qui sont enfants, frères ou sœurs d’une personne qui vit avec des troubles psychiques. Cette réalité est si invisible qu’on appelle ces enfants et ces adolescents qui sont au cœur de mon film « les forgotten children », les enfants oubliés. », explique la réalisatrice.

ANNIE GAVA
Juillet 2021

La Forêt de mon père sort en salles le 8 juillet. Le film fait partie des 9 longs métrages en compétition au 38e Festival du premier film francophone de la Ciotat, qui s’est tenue du 30 juin au 4 juillet à L’Eden Théâtre de La Ciotat. .

Photo © KMBO

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