Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Le théâtre Nono réveillonne au printemps, en chansons

La fête à Nono

Le théâtre Nono réveillonne au printemps, en chansons - Zibeline

Depuis 2013 la bande à Nono réveillonne au printemps. En chansons, autour de tables partagées, d’un repas pris entre amis. Une soirée spectacle comme ils en ont le secret : un bon repas, arrosé de vins et de champagne, servi sur des nappes blanches, plutôt dans le genre restaurant délicat que guinguette, mais d’un prix qui pour un diner spectacle (de trois heures !) reste raisonnable (45 euros vin compris). Du coup les convives sont nombreux, 450 par soir !

Pourtant, la proposition n’a rien d’une revue de cabaret, et moins encore de la fête à Neuneu. Serge Noyelle, Marion Coutris et tous leurs comédiens chanteurs et musiciens attisent nos mémoires pop à coup de tubes qu’ils interprètent à mi chemin entre revisitation et fidélité, juste à la bonne distance pour qu’on entonne avec eux, mais qu’on les regarde sous un jour neuf : tous passent à la moulinette de l’hommage décalé, d’Aznavour à Cloclo en passant par Brel, les Stones et même Verdi, Dalida bien sûr, mais aussi du pur disco bon teint, L’Amant de Saint Jean… Les 8 musiciens s’en donnent à cœur joie, sur des arrangements inventifs regorgeant de contrechants amusés (Marco Quesada) qui laissent libre cours aux solos d’Ahmad Compaoré, à la fantaisie sonore qui passe de flûtes en clarinettes (Magali Rubio), ou de contrebasse en basse électrique (Jean Bernard Rière). Sur la grande scène en largeur les chanteurs ne sont pas en reste. Vêtus d’accoutrements colorés, grimés juste à la bonne outrance, c’est un défilé d’inventivité qui joue sur le genre, tous en hommes ou tous en femmes, intervertissant les répertoires, Alain Aubin en Dalida, Marion Coutris ouvrant le bal de sa voix grave en costume noir. Certains chantent très bien : Gregory Miege qui rocke mieux que Johnny, Camille Hamel qui supplie torchons à la taille Ne me quitte pas, Alain Aubin bien sûr mais aussi Maximin Marchand en contreténors qui savent aussi barytonner (ou l’inverse ?), et puis Kalliroy Raouzeou, à la voix magnifique, qui vit la musique comme on sent le jazz, de bas en haut frissonnante. Pas un temps mort au cours des trois heures mais le public finit debout, à danser entre les tables… ayant vu au passage une humanité qui se joue des codes, profondément carnavalesque et populaire, et d’une fort belle tenue !

AGNÈS FRESCHEL
Avril 2015

Réveillons le Printemps a eu lieu au théâtre Nono, Marseille, les 28 et 29 mars

Photo : Réveillons-le-printemps-c-maxminniti


Théâtre Nono
35 Traverse de Carthage
13008 Marseille
04 91 75 64 59
www.theatre-nono.com