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Vu par Zibeline

La Commune, petit rappel historique

La Commune de Paris 1871 (18 mars – 28 mai)

La Commune, petit rappel historique - Zibeline

C’est un des évènements les plus importants de l’histoire de France : une révolution ouvrière qui pouvait l’emporter et le plus important massacre d’un peuple par son gouvernement, débouchant sur « la république de la honte »*.

Juillet 1870 : le Second Empire vacille, le peuple veut accéder à la décision politique. Alors pour détourner la contestation politique intérieure on la dirige vers un ennemi militaire extérieur, la Prusse, avec le prétexte de la succession au trône d’Espagne et la fameuse dépêche d’Ems. La France est battue, Napoléon III est fait prisonnier. Le peuple en colère envahit l’Assemblée nationale le 4 septembre et la République est proclamée.
Un gouvernement dit « de la Défense nationale » se constitue, composé de républicains. On recrute près de 600 000 gardes nationaux parmi le peuple pour défendre la capitale. Mais ce gouvernement qui veut à tout prix faire la paix, est prêt à abandonner la France aux Prussiens, comme le maréchal Bazaine qui livre près de 200 000 hommes à Metz aux Prussiens sans se battre.
Le peuple armé veut pourtant combattre, malgré le siège et le blocus de Paris pendant l’hiver 70-71 ; et malgré la famine. La Prusse victorieuse exige des élections parlementaires en dix jours en France pour signer l’armistice : près de 500 monarchistes et 100 républicains sont élus. Thiers est nommé chef de l’exécutif.
De fait, monarchistes et républicains ont le même objectif : traiter avec les Prussiens pour conjurer la révolte populaire. Le 26 janvier l’armistice est signé, armistice humiliant avec cinq milliards de francs de dédommagement de guerre et la perte de l’Alsace et de la Lorraine. Le 18 mars Thiers veut retirer les canons de la garde nationale sur la Butte Montmartre…
C’est alors que le peuple se soulève. Le gouvernement et l’Assemblée se réfugient à Versailles, ville des rois. La Commune de Paris va très rapidement mettre en place des mesures révolutionnaires et sociales dans un contexte d’hostilité et d’attaque du gouvernement versaillais. Mais plus soucieuse de justice sociale et de démocratie directe que d’organisation militaire, elle laissera Thiers négocier encore avec les Prussiens pour constituer une armée endoctrinée.
Celle-ci entrera dans Paris le 21 mai et massacrera près de 20000 Parisiens jusqu’au 28 mai, en une semaine, la Semaine sanglante.
REGIS VLACHOS
Avril 2018

*l’expression est de l’historien Pierre Miquel au sujet de la Troisième République
Photographie : extrait planche BD Les damnés de la Commune, Raphaël Meyssan © éditions Delcourt