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Vu par Zibeline

Retour sur Courts-Bouillon : un chaleureux festival de courts métrages organisé par Les films du Delta

La bonne recette de Courts-Bouillon

• 10 octobre 2015 •
Retour sur Courts-Bouillon : un chaleureux festival de courts métrages organisé par Les films du Delta - Zibeline

La salle Emilien Ventre de Rousset n’a pas désempli toute la journée et la soirée du 10 octobre où se déroulait la 10e édition du festival Courts-Bouillon sous l’égide des Films du Delta. Gageure de combiner en un jour quatre séances de courts métrages en commençant par une séance familiale accessible aux 9/10 ans. Pari tenu à l’écoute des réactions dans la salle de jeunes ou moins jeunes spectateurs découvrant le hors champ sonore d’un film dont le chef opérateur et le perchiste recherchent opiniâtrement des cris de mouettes qui se dérobent, dans Son seul de Nina Maïni. Autre approche appréciée de la fabrication cinématographique : le récit dynamité et mis à distance de Tarim le brave contre les mille et un effets de Guillaume Rieu, qui rejoint parfois l’esprit de Tex Avery. Adhésion assurée du public avec le seul film d’animation de la séance où un petit mouton fait meuh ! au désespoir de ses bêlants parents dans Lambs de Gottfried Mentor. Dans le registre de la comédie, Guy Moquet de Demis Herenger et Qui de nous deux de Benjamin Bouhana abordent  le territoire de la séduction amoureuse, sujet qui, dans Petit bonhomme de Victor Rodenbach et Hugo Benamozig, a sûrement réuni dans un processus d’identification parents et enfants, à travers le personnage du petit Henri, 9 ans, à qui son père décide de donner des cours de séduction, au besoin en payant de sa personne pour donner un exemple.

La séance 2, familiale, est la marque la plus originale de Courts-Bouillon avec la spéciale animation qui permet d’apprécier les films de la promotion 2015 de la MOPA, l’école du film d’animation d’Arles -ex Supinfocom. Esthétiques et techniques variées, sujets à connotation historique, fables à portée politique, cette production est réjouissante par sa fraicheur, sa qualité et son travail d’équipe. Les auteurs de 14, Anna, Billy & Bud, Conte Oriental, Delivery, Putsch et Ressac sont prometteurs, dans un domaine où la France est en pointe. Et comme une promesse d’avenir, se sont intercalés 6 films de 2 min déjà très élaborés, production de la 3e année de l’école.

Les séances 3 et 4 sont passées de registres comiques souvent grinçants, comme La Fin du dragon de Marina Diaby dont les personnages, trois frères et sœurs, se retrouvent au moment où l’assistance médicale de leur mère va être interrompue ou De Smet de W. Geudens et T. Baerten à des visions plus noires comme dans Service compris de Stéphane Castang, où un père adepte de management capitaliste décide pour faire le bonheur de sa fille de la… délocaliser ! Un autre père, divorcé, tente d’enlever sa fille vers la Malaisie dans Tout ira bien de Patrick Vollrath. Avec Pitchoune, nous découvrons un Reda Kateb réalisateur d’une comédie douce-amère.

Courts-Bouillon reste un festival chaleureux qui conduit son public vers des voies inédites et n’hésite pas, par la voix de la présidente des Films du Delta, Sylvia Vaudano, à faire généreusement la promotion d’autres festivals de cinéma dont notre région est si riche.

ANDRÉ GILLES
Octobre 2015

Le festival Courts-Bouillon a eu lieu le 10 octobre à Rousset

photo : Qui de nous deux de Benjamin Bouhana  © Toledano- Nakache


Salle Emilien Ventre
Boulevard de la Cairanne
13790 Rousset
04 42 29 00 10
http://www.rousset-fr.com/