Kuessipan de Myriam Verreault, adapté librement du livre éponyme de l’écrivaine Innue Naomi Fontaine

KuessipanVu par Zibeline

• 7 juillet 2021⇒14 juillet 2021 •
Kuessipan de Myriam Verreault, adapté librement du livre éponyme de l’écrivaine Innue Naomi Fontaine - Zibeline

Deux ronds de lumière dans la nuit, telles des lucioles : les lampes frontales de deux fillettes qui recueillent les poissons apportés par les vagues. Des rires. Des chants. Des gestes tendres. Des gens heureux. Et une voix qui s’élève : « J’ai inventé des vies, j’ai voulu voir la beauté, j’aurais aimé que les choses soient plus faciles à dire et à conter, à mettre en page, sans rien espérer, juste être comprise. ».

C’est ainsi que commence le deuxième long métrage de la Québécoise Myriam Verreault, Kuessipan, adapté librement du livre éponyme de l’écrivaine Innue Naomi Fontaine. Nous sommes dans la réserve de Uashat-Maliotenam, dans le nord du Québec. Kuessipan veut dire « à toi et à moi » et c’est bien ce que ressentent l’une pour l’autre les deux amies, Mikuan (Sharon Fontaine-Ishpatao) et Shaniss (Yamie Grégoire). Elles grandissent, s’étant promis de ne jamais se quitter. Elles partagent leurs premières expériences d’adolescentes mais leurs chemins peu à peu divergent. Mikuan, qui aime les mots, participe à un atelier d’écriture et veut aller voir ailleurs, tout en restant fidèle à ses racines. Shaniss, elle, vit en couple avec un jeune de la réserve dont elle a eu un enfant et qui peut être violent. Quand Mikuan, à la suite d’un pari, se met à fréquenter Francis, « un blanc », son amie se sent trahie. Les séquences où ce « blanc » assiste aux réunions de famille Innue sont certes drôles mais évoquent aussi l’incompréhension collective entre les « blancs » et les communautés autochtones.

La caméra de Nicolas Canniccioni a su capter la beauté âpre des paysages et, en plans serrés, les espaces de la vie quotidienne : les travaux d’artisanat, les rituels de fête, les veillées mortuaires, les conversations sur les traditions et sur les ressources de la réserve. La réserve que Mikuan préfèrerait appeler immensité, Nutshimit, comme le titre de son livre qu’elle dédiera à son amie, celle qui a choisi de rester et de faire des enfants, la « fille au ventre rond ».

ANNIE GAVA
Juin 2021

Photo : © Max Films Media

Kuessipan de Myriam Verreault sort en salles le 7 juillet 2021.
Avant-premières du 9 au 15 juin dans la cadre du Festival Télérama / AFCAE