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Entre tragédie grecque et farandole païenne, Kirina, de Serge Aimé Coulibaly s'est joué à la Friche

Kirina

Entre tragédie grecque et farandole païenne, Kirina, de Serge Aimé Coulibaly s'est joué à la Friche - Zibeline

En Afrique la parole est sacrée. Aussi, dans le « chaos-monde » qu’est Kirina, bataille fondatrice de l’Afrique de l’ouest, quand le maître de la parole crie aux combattants « An Gwena, en avant !! », ceux-ci reprennent courage. Pour mettre en mouvement et en voix ce récit mythique, Serge Aimé Coulibaly a imaginé une fresque épique pour 9 danseurs et 40 amateurs, et Rokia Traoré une mélopée tragique et sensuelle pour 4 musiciens et 2 chanteuses. L’équilibre s’appuie principalement sur une danse de groupe expressive, entre tragédie grecque et farandole païenne, la présence discrète des musiciens et l’intégration habile des chanteuses dans le dispositif dramaturgique. Kirina impose son souffle puissant fait de complaintes, d’exhortations, de deuils, d’imprécations, de processions, corollaires à tous les combats et toutes les migrations. Un propos sur l’Afrique rendu plus universel et présent par un travail sur la vidéo décalé, et la présence des corps très divers des amateurs. On aurait aimé, cependant, comprendre les mots et les chants qui s’échangent…  
MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juillet 2018

Kirina, du 29 juin au 2 juillet, La Friche

Photo : Kirina, Serge Aimé Coulibaly et Rokia Traoré © Philippe Magoni


La Friche
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