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Dominique Manotti évoque son ouvrage Racket, librement inspiré de l’affaire Alstom

Justice fluctuante des affaires

Dominique Manotti évoque son ouvrage Racket, librement inspiré de l’affaire Alstom - Zibeline

Agrégée d’histoire, maître de conférences à Paris-VIII Saint-Denis, (entre autres), Dominique Manotti a déjà écrit douze romans, des nouvelles, dans lesquels les outils de la recherche historique sont appliqués au genre du polar. Les réalités sociologiques, économiques et politiques en dessinent les enjeux. Invitée par les Nouvelles Hybrides, elle se pliait au jeu du fin questionnement de Michel Gairaud, rédacteur en chef du Ravi, à propos de son dernier opus, Racket. Librement inspiré de l’affaire Alstom (2013-2015), entreprise française rachetée par l’américaine General Electric, ce roman noir est porté par un rythme sans faille, dans la dynamique de dialogues précis et enlevés qui font progresser l’action avec virtuosité. Michel Gairaud souligne combien l’auteure « plonge sa plume là où ça fait mal, (…) dans un polar haletant et authentiquement alarmant ». L’écrivain resitue la période : « les faits se sont déroulés sous la présidence de Hollande, alors que Macron était secrétaire général adjoint du cabinet du Président, avant d’être ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. » Puis, elle explicite sa méthode de travail : « dans un premier temps, j’établis les faits, ici, le mécanisme mis en œuvre par General Electric pour racheter Alstom, (sa branche énergie, turbine, chaudières, ce qui met nos centrales nucléaires et notre marine de guerre sous contrôle américain). Les faits sont les pierres sur lesquelles je construis mon roman. La seule entorse est que je réduis le temps de l’action. J’ai besoin d’un temps court pour gagner en intensité, si bien que j’ai tout condensé en six/sept mois. L’affaire démarre par la mise en prison d’un haut cadre d’Alstom aux USA en 2013. Or aucune information ne transpire. J’avais là la matière de mon roman : j’écris pour comprendre, en m’appuyant sur toutes les sources connues et publiques, puis je « fictionne » totalement : mes personnages principaux sont fictifs, ainsi je peux les faire jouer dans un roman noir à volonté. Les autres, ministres etc, y sont secondaires, mais toutes leurs paroles ont été prononcées dans la réalité… ». Le résultat est glaçant de réalisme dans cette plongée au cœur de rouages parfaitement huilés qui nous englobent aussi…

MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2019

La rencontre a eu lieu à la Bibliothèque de Mirabeau, le 22 mars.

Photo : Dominique Manotti © MC