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Vu par Zibeline

Journées continues

 - Zibeline

Pari gagné pour les 48h chrono de la Friche ! Dès la première soirée près de 5000 fêtards sont venus au concert de ErikM & FM Eihneit, au bal tango argentin ou aux Oiseaux de nuit du Cabaret aléatoire, mais aussi voir les projections horizontales et les vidéos témoignages proposées par Zinc, les peintres à l’œuvre au Street Park… Dans la journée, les 19 et 20 mai, le public était nettement plus familial… mais les parents affalés dans les transits ressemblaient, pour certains, aux danseurs rencontrés la veille ! La Friche diurne en tous les cas a parfaitement réussi à se révéler, même en chantier, un lieu accueillant pour les enfants : la crèche a été conçue par Mathieu Briant comme un Vaisseau où l’enfant joue avec son image, une aire de jeu provisoire, avec sable, glissades et perchoir, permettait aussi de dessiner et d’écrire, de fabriquer des architectures en duplos, de créer des films d’animation… Les adultes aussi pouvaient participer aux ateliers, ceux de Zinc pour photographier dans le noir, le jardinage urbain avec Jean-Luc Brisson, la cuisine aux Grandes tables

Le jour permettait aussi de se faire masser en écoutant des boucles sonores, et de découvrir les propositions plastiques à la Tour : la Crash Box d’Anne-Valérie Gasc, exposée sans son site, apparaît simplement comme un gros pneu orange, signal d’un univers qu’on ne perçoit pas ; mais the Last Swallow, installation éphémère, donne tout son sens aux 48h : gethan&myles ont suspendu des chrysalides sur le point d’éclore au bout de fil suspendus, délicates, éclairées par un projecteur qui les réchauffe, comme le passage de nos corps. En 48h les papillons ont éclos, et volent dans la salle. Le 19 mai certains s’extirpaient de leur cocon, d’autres déployaient leurs ailes, les derniers attendaient encore ; un mur scintillant comme au coucher du soleil, un tas de canettes froissées rappelaient la dernière gorgée, fin du temps précédant la métamorphose…

D’autres propositions nécessitaient d’être à l’heure : la performance ELSA, où le poète Manuel Joseph, accompagné de trois musiciens qui percutent et distordent à fond, s’en prend à la paranoïa sécuritaire qui nous vidéosurveille ; les délicieux aphorismes participatifs de Murphy dispensés par la Cie Parnas le dimanche ; les propositions du GMEM qui finissait son festival le samedi (voir article Musiques à voir) par un concert de l’EOC (voir Un EOC AOC) et des Relectures Cage trop monolithiques : le pianiste Wilhem Latchounia a beau avoir un talent exceptionnel, quelques pièces, dont celle de Jodlowski, ont beau déployer un univers personnel marquant, un long concert de piano préparé a quelque chose de lassant lorsque les pièces s’accumulent : celles des huit compositeurs, aux timbres forcément identiques, aux principes architectoniques obligatoirement proches, et aux esthétiques bridées par choix contingent, oublient l’humour, la provocation, la curiosité pour les musiques extra-occidentales dont faisait preuve John Cage, et dont ces Relectures étaient pour la plupart dépourvues. Pas grave : en 48h, on peut un peu s’ennuyer !

AGNÈS FRESCHEL

Mai 2012

 

Les 48h Chrono de la Friche ont eu lieu 48h sur 48, du 18 mai 19h au 20 mai 19h


La Friche
41 rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 95
http://www.lafriche.org/