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Projection des films de fin d’études du master «Métiers du film documentaire»

Jeunesse documentaire

• 2 février 2018 •
Projection des films de fin d’études du master «Métiers du film documentaire» - Zibeline

La salle de l’Alhambra plus que comble en ce vendredi 2 février 2018 : des  jeunes venus assister à  la traditionnelle projection des films de fin d’études du master «Métiers du film documentaire» encadré par Pascal Cesaro et Baudouin Koenig. Cinq équipes qui sont venues présenter leur film, des équipes très féminines : 11 filles sur la quinzaine d’étudiants et 4 à la réalisation. La relève est assurée ! Cinq films très différents certes mais un constat : beaucoup d’images de nature, même quand le sujet n’est pas le paysage. Reflet du temps ?

Le plus maitrisé aussi bien au niveau du cadre qu’au niveau du rythme est Pas à pas de Marie Lachaud avec Mehdi Zion à l’image et Circé Pfersdorff au montage. Marie Lachaud, qui avait toujours rêvé de voler, entre ciel et terre, a rencontré Slack houle douce, des jeunes qui pratiquent la slackline, le funambulisme sur sangle. Immergée dans ce groupe,  elle  a eu envie de les filmer et de nous faire partager leurs entrainements, leur voyage dans l’Atlas marocain, leurs prestations dans la ville, leurs émotions et leur quotidien. On aurait envie de les suivre sur ces sangles, chemins de liberté.

C’est aussi d’une passion, celle de la danse qu’est né le documentaire de Milena Becquart, Métamorphoses .Elle a suivi durant plusieurs mois un groupe d’adolescent-e-s qui montent Alice  dans le cours de Josette Baïz, le « Groupe Grenade ». Milena Becquart,  filme les corps, les visages de ces jeunes danseurs, leur apprentissage, leurs fous-rires, leur voyage initiatique au pays des merveilles jusqu’à… Clermont Ferrand. La séquence du spectacle sur la scène de La Comédie est certes un peu trop longue mais on comprend aisément que la jeune cinéaste ait été subjuguée par l’énergie qui s’en dégage.

C’est à des femmes que donnent la parole les deux autres réalisatrices. Des femmes venues d’ailleurs, qui vivent à Marseille et ressentent parfois le manque de l’exil ; dans Sud, Est, Ouest, Ingrid Castellanos vient  de Cuba et  connait bien cette nostalgie qu’elle nous confie  à travers les lettres écrites à sa mère ou celles de Khadija à sa sœur.  Des femmes blessées, battues qu’Hortense Lemaitre suit dans A force. Elle filme leur quotidien,  leur donnant ainsi le courage de parler, de sortir de l’enfermement de cette souffrance et de prendre conscience et confiance.

Dans La Civilisation du rocher, présenté comme un film expérimental, Louis Juigner a choisi  de nous « narrer une des pages possible, l’histoire de cette main qui fabrique et modèle le paysage qu’il soit agricole ou sauvage. »  Un projet peut-être trop ambitieux pour un premier film ? Ce n’est pas très convaincant. Il avait pourtant un personnage intéressant, celui de Marie, une agricultrice qui aurait pu être le sujet de son film qui n’a pas vraiment trouvé son  rythme.

Une belle soirée qui redonne confiance en la puissance de la parole et de l’image !

ANNIE GAVA
Février 2018

http://master-documentaire-aix-marseille-universite.fr/

Métamorphoses © Milena Becquart


Alhambra
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