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9ème édition du festival « Architectures contemporaines » au Corbusier à Marseille

Jeunes créations artistiques

• 14 mai 2016 •
9ème édition du festival « Architectures contemporaines » au Corbusier à Marseille - Zibeline

Au « Jardin d’hiver » de la « Cité radieuse » (fameuse « maison du fada » imaginée par Le Corbusier dans les années 1950 à Marseille) une foule curieuse déambule autour d’installations et performances imaginées par des étudiants (encadrés par leurs professeurs) du secteur Arts (Musique, Arts Plastiques, Cinéma…) de l’Université d’Aix-Marseille. C’est à l’opus 9 du festival « Architectures contemporaines » (dir. artistique Christine Esclapez) qu’on assiste : une édition judicieusement baptisée en 2016  « Radieux » !

Deux imposantes structures plastiques respirantes (conception Alexandre Abecassis, Tatiana Krasilnikova, Sanella Mboya, Laurie Parentdir. Fabrice Métais) accueillent le public au 3ème étage du bâtiment : un oblong ballon tissé de blanc se gonfle, expire lentement, au gré d’une éolienne captant le vent qui s’engouffre dans le couloir ajouré ; en un souffle aussi, grâce à une assistance numérique, on remplit, en quelques expirations dirigées sur une mini-hélice, un énorme ballon de plusieurs mètre-cubes. Poétique et écolo !

Aux sons d’une lyre (Yvin Conil) et d’un organetto (dir. Julien Ferrando), on assiste à une curieuse Création : une geste médiévale islandaise, chantée, déclamée, conçue à partir de recherches musicologiques sur l’oralité des 9ème au 13ème siècles, sa poésie et ses instruments… à suivre aux Rencontres Internationales de Musiques Médiévales du Thoronet cet été !

Quelle facétie imaginée par Delphine Mazari et Agathe Bastide (dir. Antoni Collot), qui, non sans humour, convoquent le fantôme de Le Corbusier pour une interview qu’on suit en direct sur « Skipe »… Images et entretiens d’archives créent une illusion savoureusement décalée.

Dans une alcôve obscure du 4ème étage quelques feu-follets s’animent : instruments et voix se mêlent… Étudiants-musiciens et habitants du Corbusier, tel un chœur à l’antique, participent de concert à la création d’une œuvre dirigée par Caroline Boë : « Lumières courbes »... du beau travail !

On improvise aussi dans le hall d’entrée, après la performance de la marraine de l’édition, artiste professionnelle invitée, venue spécialement de New York : la chanteuse Emilie Desbros. Là, une « partition vidéo-graphique » sert de support à un travail sonore collectif (dir. Jean-Marc Montera) autour d’ostinatos, glissandos, temps pulsé ou suspendu aux claviers, guitares, percussions…

Ici encore, on esquisse quelques pas de danse créés dans l’instant (atelier de l’Université de Nice – Sophia Antipolis – dir. Joëlle Vellet), ou l’on mêle, plus loin, des pratiques traditionnelles à la culture populaire actuelle (dir. Eric Montbel)…

Tout un foisonnement dynamique porteur d’avenir !

JACQUES FRESCHEL
Mai 2016

Visuel : installation « Soufflerie »