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Andreas, traversée dépressive un peu longuette proposée par Jonathan Châtel au Festival d’Avignon

Je vous salue Andreas

Andreas, traversée dépressive un peu longuette proposée par Jonathan Châtel au Festival d’Avignon - Zibeline

Assis sur des palettes (chic) de bois, il attend le bonheur, ou la fin du malheur. Et se pose des questions métaphysiques. Obsédé par l’écriture, un écrivain amnésique a tout détruit. Cet Inconnu exilé, Thierry Raynaud, costume noir impeccablement taillé, Doc Martens, beau comme un camion, l’actualise, et lui donne une nouvelle identité : Andreas. Qui renouera avec la vie -ou abandonnera l’idée, l’affaire n’est pas très claire- en croisant sur son chemin la Dame et la Mère, interprétées par la non moins élégante Nathalie Richard, puis le Médecin «fatigué de tout», dédoublé en Mendiant philosophe et en Vieillard, et la jeune Fille innocemment devenue Religieuse. Adaptée de la première partie du Chemin de Damas d’August Strindberg par Jonathan Châtel, jeune metteur en scène représentant de la nouvelle scène invitée cette année au Festival, la pièce est d’une mélancolie à toute épreuve et se perd par trop d’épure en tentant de «nettoyer les péchés» d’un écrivain en pleine crise -essentiellement mystique-, qui finira par rencontrer Dieu au terme d’un (long) chemin de croix. Certes parfaitement adaptée au clérical Cloître des Célestins et impeccablement léchée avec ses portes métalliques ouvrant sur d’infinis espaces mentaux, la proposition reste une traversée dépressive un peu longuette à vivre pour les spectateurs…

DELPHINE MICHELANGELI
Juillet 2015

Andreas s’est joué du 4 au 11 juillet au Festival d’Avignon

Photo : Andreas -c- Christophe Raynaud de Lage – Festival d’Avignon


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