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Richard Galliano en clôture du festival Jazz à Saint-Rémy

Jazz musette

Richard Galliano en clôture du festival Jazz à Saint-Rémy - Zibeline

Le concert de clôture du festival Jazz à Saint Rémy accueillait un mythe vivant, l’accordéoniste Richard Galliano pour son spectacle New Jazz Musette, accompagné par ses complices Jean-Marie Ecay (guitare), Bruno Rousselet (contrebasse) et Jean-Christophe Galliano (batterie). Les pluies diluviennes qui avaient poussé les agapes jazzées initiales à se réfugier dans le hall de l’Alpilium n’avaient pas empêché la salle d’être comble. Le génial musicien entraînait alors le public dans une délicieuse promenade autour de son œuvre, entre hommage à Astor Piazzolla, fondateur du New Tango, qui l’encouragea à instaurer son style New Musette, et le jazz des grands musiciens comme Bill Evans, Herbie Hancock, Chick Corea, John Coltrane… En un vagabondage subtil, Richard Galliano arpente les pages musicales comme une vaste improvisation, laissant éclore surprises, rapprochements… La musique épouse les mouvements d’âme du musicien, en une conversation intérieure dont il nous autorise à partager les méandres. Entre Fou rire et Spleen, deux compositions de Richard Galliano qui ouvrent le concert, la dimension est donnée, palette colorée où toutes les émotions se fondent. « Et maintenant, on va chercher ce que l’on va vous jouer », sourit, espiègle, l’interprète et compositeur. En un geste, une harmonie se crée, une silhouette émerge, femme aimée, musicien ami trop tôt disparu… voici Giselle, pièce composée pour son épouse, ou le Tango pour Claude Nougaro, dont Il camino renaît en une respiration d’accordéon… Rien n’enferme le musicien qui, seul sur scène, livre une interprétation enlevée d’une danse de Granados (Andalucia), puis laisse les souvenirs envahir ses mélodies, alors que le fantôme de Chaplin avait été convoqué à travers le célèbre grommelot des Temps modernes d’après la chanson de Léo Daniderff, Je cherche après Titine (son Nonsense Song). Les esthétiques se succèdent, se mêlent, virtuoses, bouleversantes, drôles, émouvantes, spirituelles, dépassant avec bonheur toutes les classifications.

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2019

Concert donné le 21 septembre à L’Alpilium, Saint-Rémy-de-Provence, dans le cadre de Jazz à Saint-Rémy

Photographie © Remi Bourcereau


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