Victor Vasarely ou le « père de l’op art »

Introduction à l’art de Vasarely

Victor Vasarely ou le « père de l’op art » - Zibeline

Le programme de restauration intérieure et extérieure du centre architectonique aixois touche à sa fin, qui permet à la Fondation Vasarely de consacrer trois salles au « père de l’op art ». Une exposition pérenne dont la valeur d’introduction à l’œuvre du plasticien français d’origine hongroise ne fait aucun doute : volontairement didactique et chronologique, elle offre au public une grille de lecture lui permettant de mieux appréhender ses recherches, ses travaux sériels, sa grammaire de formes et de couleurs. Et de comprendre comment et pourquoi Victor Vasarely multiplia les expérimentations, combina arts et sciences, et croisa les domaines : publicité, architecture, urbanisme, design, décor de ballet, cinéma. Le commissariat de Pascale Girard et Camille Schreiber, sous la direction de Pierre Vasarely, et la scénographie de Camargo Art & Design, classique mais efficace, abondamment documentée et iconographiée, posent ainsi les bases d’une vision plus globale de son œuvre, elle-même inscrite dans l’une de ses réalisations monumentales*. Les différentes séquences qui la composent sont précédées d’une biographie détaillée, illustrée, et d’un texte révélant les moments clefs historiques de son parcours : l’exposition Le Mouvement en 1955 avec comme corollaire la rédaction pour partie du Manifeste jaune, l’exposition The Responsive Eye en 1960 au MoMA à New York qui le consacra sur la scène internationale…

Peu de photographies, des textes pédagogiques, des œuvres inédites, des objets rarement montrés (l’un de ses milliers de « Casier de papiers découpés pour l’alphabet plastique » de 1965) structurent l’exposition autour d’un ensemble représentatif de sa démarche. À savoir 6 présentoirs placés dans la scénographie d’origine où les images défilent toutes les 30 secondes : des vitrines mécanisées conçues par Vasarely pour les grandes enseignes parisiennes (il en existe 22), documentées par des études préparatoires, qui concentrent en quelques « clics visuels » les fondements de sa pensée. Il ne reste plus qu’à dérouler les fils de sa vie, entre les années de formation et d’apprentissage, la période de la deuxième Guerre mondiale, le chemin vers l’abstraction, la naissance de l’art cinétique et de l’op art, ses haltes successives à Budapest, Paris (Montparnasse et La Ruche, la galerie Denise René), la Nièvre, le Lot, Gordes, l’expérience cinétique de la couleur, les intégrations architecturales… jusqu’au rêve d’une fondation. Il ne reste plus qu’à s’immerger physiquement et visuellement dans les 8 alvéoles du bâtiment, dont certaines en travaux, qui concrétisèrent son rêve. Le plus étant l’inauguration de la salle dédiée au collectionneur Lucien Arkas -œuvres des années 1970- qui découvrit à la fin des années 60 la révolution de l’art optique dont Vasarely fut la  figure de proue.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Octobre 2018

* Bâtiment classé au titre des Monuments historiques depuis le 25 novembre 2013 et restauré dans son intégralité (2013-2018).

Image : 2011.0.209 (BV34) Cité polychrome du bonheur ©Victor Vasarely

Vasarely plasticien
Fondation Vasarely, Aix-en-Provence
04 42 20 01 09 fondationvasarely.org