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Vu par Zibeline

Indiamore de Chassol ouvre l'ère de l'ultrascore au Pavillon Noir.

India Song

Indiamore de Chassol ouvre l'ère de l'ultrascore au Pavillon Noir. - Zibeline

C’était une première, le Pavillon Noir accueillait le 10 décembre dernier, non un spectacle de danse, mais une performance musicale et cinématographique. Un ciné-concert direz-vous, pas vraiment, un documentaire illustré par des improvisations musicales ? Non plus… et pourtant le spectacle Indiamore tenait de tout cela : cet ‘objet’ musical et filmique répond au nouveau nom d’ultrascore. Christophe Chassol reprend les images tournées à Calcutta et Bénarès en juillet 2012, rue encombrée, personnes qui se baignent dans le Gange, et surtout, des musiciens et des musiciennes, des chanteurs, des danseuses… Le flux des images est travaillé, réorganisé, à l’instar d’une matière musicale, avec des répétitions de séquences, des thèmes récurrents, des échos. À partir de cette matière sonore finement remodelée, le jeune virtuose accompagné de Lawrens Clais à la batterie, joue de trois claviers, s’immisçant dans les univers de la musique indienne traditionnelle, épousant les rythmes, les bruits, qui deviennent musique, les voix superbes, leur accordant son souffle de modernité. On est bouleversé par l’intensité des regards, de l’intimité créée, avec une caméra sensible, qui joue des gros plans et des transitions floues. Le spectacle se construit en suivant les lignes de l’art poétique énoncé en exergue de la représentation, « Il me disait qu’il voyait la musique indienne comme deux lignes horizontales. La première généralement jouée par un tampura symbolisait la basse. C’était un flux, un ton, un tronc. Une racine qui définissait le point d’ancrage de l’harmonie. La seconde représentait la mélodie et ses chemins sinueux. Elle naissait de la première, lui passait dessus, dessous et comme aimantée, revenait toujours sur elle. Il me disait qu’il voulait jouer ses accords préférés à l’intérieur des intervalles qui ressemblaient aux montagnes des indiens d’Amérique ». Ici, le support filmique est cette ligne horizontale, cette basse sur laquelle les compositions de Chassol dessinent de nouveaux chemins, creusent le propos, lui accordent un supplément d’âme, dans un mouvement incantatoire où les notes et les images s’irisent de significations nouvelles et profondes. « Music is God, my love » sourit la belle sitariste. Ainsi soit-il!

MARYVONNE COLOMBANI
Décembre 2015

Le spectacle Indiamore a été donné au Pavillon Noir le 10 décembre.

Photo © Fabien-Keffer-Hebert

 


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